En Tunisie, les autorités sanitaires ont saisi de grandes quantités de viande d'âne vendues sous l'étiquette de viande de bœuf ou de cheval.

Faire passer de l’âne pour du cheval ? A priori rien de bien compliqué, et c’est ce qu’a osé faire sans aucun scrupule un boucher de la capitale tunisienne. Dans un pays arabe en pleine reconstruction de son identité musulmane, il serait temps de mettre à jour plus clairement les règles du halal. Rappelons, en effet, qu’entre l’âne et le cheval, il y’a une différence de taille : la consommation de la viande de cheval est halal tandis que celle de l’âne est sans ambiguïté aucune haram. 

A Tunis de la viande d’âne sur les étals

Au mois de mars 2015, lors d’un contrôle de routine dans la capitale tunisienne, les brigades de contrôle sanitaire et économique ont prélévé un échantillon de viande suspecte exposée chez un boucher d’un quartier du centre-ville. Suite aux analyses effectuées dans un laboratoire spécialisé relevant du ministère de la Santé, il s’est avéré qu’il s’agissait de viande d’âne étiquetée viande bovine ou chevaline. Le 13 avril 2015, le tribunal de Tunis a rendu son verdict : le boucher a écopé 6 mois de prison ferme et une amende de 720 dinars. Ce scandale n’est pas le premier en Tunisie. En effet, le 4 avril 2015, une quantité de 1700 kilos de viande d’âne et 300 kilos d’abats a été saisie par les équipes de contrôle sanitaire et économique de la Manouba. Le chargé de communication au sein du ministère du Commerce a annoncé que quatre personnes, dont une femme d’origine asiatique, avaient été arrêtées dans cette affaire. Ils sont accusés d’avoir vendu de la viande d’âne aux clients en la mélangeant avec de la viande bovine ou chevaline.

Musulmans et tricheurs !

La nourriture halal est donc plus que jamais, pour beaucoup de commerçants peu scrupuleux, une manne économique. Mais la fraude est haram, le halal est avant tout un état d’esprit et une éthique, celle d’un mode de vie sain et tayyib. Les pays du Maghreb souffrent d’un manque d’organisation et de traçabilité qui laisse les marchés à la merci de profiteurs : en Algérie, des commerçants véreux ont vendu à leurs clients des Merguez préparées avec des boyaux de porc. En France, la situation n’est pas meilleure, la marque Al Saada est placée sous le feu des projecteurs suite à deux enquêtes qui ont révélé que 4 articles sur 5 contenaient du porc. Dur dur de manger du vrai halal, d’autant plus dans les pays du Maghreb.

Source (ici)

Yassine Bannani

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