En conservant son agrément halal, l'abattoir de Villeneuve-sur-Lot permettrait de sauver des emplois, une vingtaine selon les repreneurs.

L’abattoir de Villeneuve-sur-Lot est en difficultés, mais ses repreneurs comptent bien le relancer. Problème : sans l’agrément halal, la société est vouée à disparaître.

Les abattoirs français ne sont pas au mieux. Après le scandale de l’abattoir d’Alès, c’est celui de Villeneuve-sur-Lot qui est au centre de l’actualité. En cause ? Il risque d’être liquidé. Le tribunal de commerce attendait une proposition de reprise de la part de la Chambre d’agriculture, de la société Top Viande et de Quercy-Bas-Rouergue. Mais le dossier n’est toujours pas bouclé. Le président de la Chambre d’agriculture a même reçu une lettre de la part des services vétérinaires, qui menacent l’abattoir de la perte de son agrément halal. Et c’est là que le bât blesse.

Le halal, 70 % de l’activité du site

Car, d’après le président de la Chambre, sans halal, l’abattoir ne serait pas viable. Pour Serge Bousquet-Cassagne, « sans le halal, qui représente 70 % de l’activité, on ne peut pas reprendre. » La Chambre d’agriculture a donc lancé un appel aux services de l’Etat et demandé un délai supplémentaire pour boucler le dossier. Serge Bousquet-Cassagne compte sur le feu vert des autorités sanitaires pour poursuivre le halal. « Chacun doit maintenant prendre ses responsabilités. Si notre plan est rejeté, on liquide l’abattoir et on laisse les employés et les éleveurs sur le carreau », dit-il. Le halal permettrait alors de sauver des emplois.

Et la Chambre d’agriculture compte bien montrer qu’elle veut sauver l’abattoir : « Nous avons besoin les uns des autres pour y aller. On fait une proposition à l’euro symbolique, donc cela serait facile pour quelqu’un d’autre de proposer mieux. Mais nous mettons aussi 500 000 euros d’investissements sur la table, pour que l’abattoir soit justement aux normes », assure le président, qui s’engage à reprendre vingt salariés. Surtout, le président de la Chambre veut convaincre que l’important est de faire vivre l’abattoir. « J’ai entendu dire que la Chambre d’agriculture avait fait un hold-up sur l’abattoir. Le vrai hold-up, on le fait en général là où il y a de l’argent. Là, je pense qu’on est quand même sur autre chose », conclut-il.

Villeneuve-sur-Lot : la Chambre d’agriculture demande le maintien du halal pour sauver l’abattoir (ici)

Pierre Z. Lajarge

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