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Économie

Halal : les industriels marocains pas encore conscients des enjeux

Les entreprises marocaines pourraient engranger des milliards de dollars en exportant leurs produits halal vers l’Asie. Mais elles restent encore hésitantes et sont peu à demander à être certifiées.

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Huile d’olive, huile d’argan, miel, safran, couscous, mais également viandes et produits laitiers… Le Maroc se voyait, en 2015, devenir un exportateur qui allait compter sur le marché mondial du halal. Avec un objectif avoué : grignoter 1 % du marché halal mondial d’ici à 2020, ce qui pourrait représenter plus de 8 milliards de dollars, voire bien plus en fonction de la croissance mondiale dans ce secteur. En 2015, tout s’est donc accéléré : la certification halal marocaine — c’est l’Institut marocain de normalisation (Imanor) qui est l’organisme officiel chargé de la normalisation dans le pays — avait été reconnue par le Jakim, la norme malaisienne la plus attrayante puisqu’elle ouvre des perspectives dans un pays où le halal est très développé.

Depuis 2015, le halal marocain se développe donc. De quoi revoir les ambitions des autorités à la hausse. Après avoir visé 1 % des exportations, les industriels aimeraient désormais tabler sur 3 %. Mardi 18 septembre, la Chambre britannique de commerce au Maroc a réuni les acteurs de ce secteur pour parler des perspectives dans l’export halal.

Premier constat : si tout s’est accéléré en 2015, le sur-place guette les entreprises du marché du halal. Seules 111 sociétés marocaines ont décroché la certification halal de l’Imanor — dont 100 issues de l’agroalimentaire et une dizaines des cosmétiques. Insuffisante, selon l’Imanor qui estime que « 200 à 300 entreprises peuvent être certifiées si la sensibilisation s’intensifie, notamment auprès des TPE. »

C’est certainement là l’enjeu du halal marocain : faire l’effort de communiquer beaucoup plus et de montrer qu’en obtenant la certification Imanor, les industriels s’ouvrent sur un autre marché grâce au partenariat avec le Jakim : la zone de libre-échange d’Asie du sud-est, qui comprend notamment l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam ou encore Singapour.

Le gouvernement tente actuellement d’inciter ses entreprises nationales à se pencher sur ce marché. Il a prévu, avec son plan Maroc vert des mesures d’accompagnement à l’export, particulièrement pour les entreprises de l’agroalimentaire. Le Royaume-Uni est même entré dans la danse et veut inciter les industriels du royaume à « décrocher la certificattion halal britannique, qui assure une reconnaissance internationale. »

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