Avec la victoire du « non », les Grecs ont enfin fait, hier, le rupture du jeûne politique. Le début d'une nouvelle politique en Europe ?

Pendant plusieurs années, la Grèce a dû se plier aux exigences de ses créanciers, payant des années d’une politique de truands. Aujourd’hui, le peuple s’est libéré du capitalisme sauvage et a lancé sa rupture du « jeune politique. »

« Oxi. » Telle a été la réponse des Grecs au référendum hier. Avec près de deux-tiers des votants qui ont glissé leur bulletin « non » dans l’urne, les Grecs ont en effet répondu par la négative à la question demandant s’il fallait accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international qui imposait le remboursement d’une partie de la dette et le maintien des conditions des créanciers. On se dirige donc aujourd’hui vers une sortie de la Grèce de la zone euro ou – au pire ou au mieux, c’est selon – vers un troisième plan d’aide.

L’Europe a soutenu « abusivement » la Grèce

Quelle que soit l’issue des négociations qui reprennent ce lundi entre Alexis Tsipras et les chefs d’Etat européens, on peu estimer que la Grèce aura fait la rupture du « jeûne politique. » Et le jeûne – forcé – n’aura que trop duré. Car si l’austérité a été de mise ces derniers temps dans le berceau de la démocratie, on le doit à des politiques menteurs – en 2009, le premier ministre Georges Papandréou avait avoué que le déficit n’était pas de 6 % comme annoncé par le précédent gouvernement, mais de 12,7 % du PIB – et à une finance sauvage et incontrôlable – en 2007, les Etats se sont endettés pour sauver les banques sans placer le secteur financier sous contrôle public –.

Après une dizaine d’année, si ce n’est plus, de corruption généralisée, d’évasion fiscale, de non-paiement des impôts par des ménages pourtant aisés et de développement du secteur informel, la Grèce n’a jamais eu la politique qu’elle méritait. Le peuple aura finalement été victime de l’ultralibéralisme européen. On lui aura enlevé toute souveraineté dans ses propres décisions économiques tout en lui mettant une pression folle, oubliant les valeurs de solidarité de l’Europe.

Et ce « non » au référendum n’a pas que des conséquences financières : la Grèce nous montre qu’il est possible de se dresser contre une Europe qui donne de l’argent sans contrôle préalable, qui fait ce qu’on appelle en droit du « soutien abusif. » Elle montre surtout que la démocratie doit reprendre ses droits sur la finance sans scrupules pour une Europe des peuples, et non une Europe contre les peuples.

Tout comprendre sur la dette grecque en six étapes (ici)

Yassine Bannani

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