A quatre semaines du départ officiel des gestionnaires de la Grande mosquée de Bruxelles, on n’en sait toujours pas plus qu’il y a un mois sur l’avenir du lieu de culte. Si, le 31 mars prochaine, la Ligue islamique mondiale, qui gère la mosquée belge depuis 1967, doit quitter les lieux, l’Exécutif des musulmans — le CFCM belge — ne sait pas combien de temps il devra assurer l’intérim à la tête de la mosquée du Cinquantenaire.

Surtout, nous explique la RTBF, alors que la Belgique a tout fait pour que l’Arabie saoudite ne soit plus liée au lieu de culte bruxellois, un pays lorgnerait sur la mosquée. Et ce pays n’est autre que… l’Arabie saoudite. En effet, quatre associations se sont constituées pour tenter de reprendre les rênes de la mosquée du Cinquantenaire. Parmi elles, le Centre culturel et islamique en Belgique, dirigé par les imams de Gand et d’Anvers, Brahim Laytouss et Nordine Taouïl.

Ce dernier est considéré comme un proche de l’Arabie saoudite. Car outre la Grande mosquée de Bruxelles, l’Arabie saoudite est présente dans plusieurs lieux de culte, à Anvers et Malines notamment. Alors, le Centre culturel et islamique en Belgique a beau dire vouloir faire émerger « un Islam ouvert aux différentes tendances », sans « ingérence extérieure », la question est de savoir si l’Arabie saoudite, renvoyée par la porte de la mosquée bruxelloise ne tentera pas d’y revenir par la fenêtre.

Brahim Laytouss, qui travaille donc avec l’imam d’Anvers, estime que ce dernier « a changé, aujourd’hui, il est d’accord avec notre projet d’Islam de Belgique et puis nous sommes huit à diriger l’association. Il faut donner une chance à celui qui change. » Mais des sources proches de l’association semblent sceptiques, estimant que le religieux reste un homme proche du régime wahhabite. De son côté, le directeur de la Grande Mosquée Tamer Abou al Saoud estime que la Ligue islamique mondiale est « une structure similaire à l’ONU, qui ne dépend d’aucun Etat » et n’a donc rien à voir avec l’Arabie saoudite. Une façon de préparer un retour de la Ligue à Bruxelles ? A voir.

En attendant, la succession se prépare. L’Exécutif des musulmans de Belgique assurera la gestion de la mosquée de façon provisoire. Un concierge a été recruté et des imams feront, en alternance, les prêches. Reste à savoir combien de temps durera cette transition. Pour le moment, les dirigeants politiques n’ont aucune information à ce sujet. Le gouvernement espère qu’une communauté de fidèles reprendra les commandes du lieu de culte. Tout en gardant un œil méfiant sur l’Arabie saoudite et la Ligue islamique mondiale pour éviter qu’elles ne remettent la main sur la mosquée du Cinquantenaire.