Reconnue comme Etat non-membre par l'ONU, la Palestine est oubliée par Google, qui a décidé de ne pas la placer pas sur ses cartes.

Des internautes s’étonnent de ne pas voir la Palestine sur les cartes conçues par Google. L’entreprise répond qu’elle calques ses cartes sur celles de l’ONU.

Disparue. La carte de Google ne mentionne même plus son nom. Si la Palestine est reconnue depuis 2012 par l’Organisation des Nations Unies (ONU) avec un statut un peu particulier d’« Etat non-membre », pour le géant américain de l’internet, les territoires occupés n’ont plus leur place sur ses cartes. De quoi choquer les pro-Palestiniens, qui ont lancé une pétition — déjà signée par plus de 260 000 personnes — pour réclamer à Google de placer la Palestine sur ses cartes. « L’omission de la Palestine est une grave insulte pour le peuple palestinien », résume l’initiateur de la pétition, qui estime que, « que ce soit intentionnellement ou non, Google se fait lui-même complice du nettoyage ethnique de la Palestine par le gouvernement israélien. »

Google est une entreprise non politisée

Interrogé par France Inter, Anat Ben David, sociologue à l’université ouverte d’Israël, spécialiste du conflit israélo-palestinien sur internet, rappelle que, « en 2013, l’entreprise a changé le nom de sa page d’accueil de ‘Google territoire palestiniens’ à ‘Google Palestine’ » et que ça avait, à l’époque, « beaucoup énervé le gouvernement israélien. » A l’inverse, s’étonne-t-il, « Google ne nomme pas la Palestine sur ses cartes et donc les Palestiniens s’énervent à leur tour. » Pour le sociologue, le géant américain ne fait pas là de la politique, mais bien du business : « Google est une entreprise, rappelle-t-il. En fait, elle essaie simplement de satisfaire un maximum de ses clients. »

Chez Google, on se défend en précisant que l’entreprise se base sur les informations de l’ONU. Pour le groupe américain, la Palestine est donc un Etat non-membre de l’Organisation des Nations Unies. Pour Google, la Palestine est donc simplement « un proto-Etat du Proche-Orient », qui n’a pas lieu d’avoir son nom sur ses cartes. Mais Google n’hésite pas, dans les descriptions, à indiquer que Hébron et Khan Younès sont des « villes palestiniennes. » En omettant d’un côté de placer la Palestine sur sa carte et en parlant de la Palestine dans ses descriptions, Google espère donc faire plaisir à tout le monde. Sans se douter, finalement, que cela agace considérablement autant les Palestiniens que les Israéliens.

Yassine Bannani

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