Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé la fermeture d’une mosquée à Cannes, en raison de « propos antisémites ». L’établissement religieux serait devenu « un lieu de radicalisation », jugé trop proche du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et BarakaCity.

C’est un nouvel épisode dans la série des fermetures des lieux de culte musulmans qui vient alimenter l’acharnement politique, contre la deuxième religion de France : l’islam. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé le mercredi 12 janvier avoir « fermé » la mosquée Al Madina Al Mounawara de Cannes.

« Nous fermons l’une des mosquées de Cannes car nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au CCIF et BarakaCity », dissous en 2020, a indiqué le locataire de la place Beauvau. Les services de l’État ont précisé qu’« à sa demande, le préfet des Alpes-Maritimes a lancé une procédure contradictoire afin d’envisager la fermeture administrative de la mosquée Al Madina al Mounawara pour une durée de deux mois ».

La préfecture a avancé que cette mosquée « promeut la charia, soutient l’islam radical et favorise de ce fait le repli séparatiste » ajoutant que « des comportements ambigus ont été entretenus avec des individus appartenant à la mouvance islamiste radicale et acquis aux thèses pro djihadistes ».

Le recteur de la mosquée, Ahmed Guessoum, en poste depuis août 2021 a affirmé ne pas comprendre cette décision « injuste et injustifiée ». Selon lui, la mairie et les services de l’État mettent en cause l’ancien recteur de la mosquée Mustapha Dali. Dans un communiqué, la mairie de Cannes explique que cette mesure fait suite aux « multiples signalements effectués » par la municipalité de Cannes, et cela depuis 2015. En réalité, les signalements concernent les propos de l’ancien recteur, sur les réseaux sociaux notamment Facebook.

« La personne qui est mise en cause aujourd’hui, c’est l’ex-recteur, qui a démissionné, est parti à la retraite et n’habite plus Cannes. Il n’interfère plus dans les affaires de la mosquée, il n’a aucune influence (..) Je ne vois pas pourquoi cette décision est prise parce que untel a dit … » insiste le nouveau recteur.

La multiplication des fermetures des lieux de culte musulmans interpelle sur la place prise par l’islam, dans les débats publics, et la stratégie sécuritaire française.

Le combat mené par le gouvernement contre l’islam, qu’il juge politique, traduit la volonté de l’exécutif de contrer tous ceux qui contredisent le gouvernement et ses décisions.

L’imposition de la charte des valeurs de la République à la seule religion musulmane reflète l’islamophobie d’État certes, mais surtout le racisme dont fait preuve la macronie, à l’approche de la présidentielle.