Sous la pression de Gérald Darmanin, la mosquée de Gennevilliers s’est séparée de son imam après un prêche relayé par la presse.

« Le propos rapporté de cet imam de Gennevilliers est contraire à nos valeurs. A ma demande, le Préfet des Hauts-de-Seine a convoqué les responsables de la mosquée pour que cet imam soit limogé ». Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’est visiblement pas encore en vacances. Il a en effet demandé au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer les responsables de la mosquée de Gennevilliers, gérée par l’association Ennour. Il est reproché à l’imam incriminé d’avoir accusé certaines femmes d’« être habitées » par le démon.

Selon le Parisien, le responsable religieux aurait accusé les femmes de « manquer de pudeur », particulièrement « celles qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps ». L’imam a lui-même démenti, en postant la vidéo de son prêche. Il assure qu’il s’adresse « aux musulmanes et non aux femmes en général » et affirme que « les propos ne sont pas sexistes car les hommes aussi en prennent pour leur grade ».

Juridiquement, il semble difficile de sanctionner l’imam. Ses partisans rappellent en effet que les propos du responsable religieux ne sont, au final, pas si éloignés de ceux du président de la République qui avait exhorté les jeunes filles à porter une « tenue décente » à l’école.

Généralement louée pour ses prêches, la mosquée de Gennevilliers est cette fois sous le feu de la rampe. L’imam en question a, lors du prêche incriminé, dénoncé la vente de drogues, la prostitution, le vol ou encore la criminalité. Sur une demi-heure de discours, Darmanin a retenu une minute qu’il trouve gênante.

Depuis, le responsable religieux a reçu énormément de soutien sur les réseaux sociaux. Mais l’association, sous la pression du ministre de l’Intérieur, aurait accepté de se séparer de son imam. Son argument ? Darmanin estime que le prêche a été « trop vindicatif ».

Le ministre a donc adressé une lettre à Laurent Hottieux, le préfet du département. Selon Darmanin, « ce lieu de prières attirerait depuis longtemps un nombre croissant de pratiquants rigoristes ». Mohamed el Mehdi Bouzid, alias imam Mehdi, ne pourra donc plus prêcher à Gennevilliers. Le responsable, connu pour sa tolérance, aurait accepté la décision et même proposé de lui-même de se retirer.

L’association Ennour, bien qu’elle ait répondu favorablement à la pression du ministère de l’Intérieur, reste étonnée de la polémique. « Ce qu’on peut lui reprocher ce sont des maladresses. On peut nous critiquer mais pas nous accuser d’être sexistes. (…) Nous allons évidemment travailler pour que cela ne se reproduise pas », a indiqué Mohamed Benali.