Il y a un an et demi, Facebook faisait son mea culpa. Le réseau social avait été accusé d’avoir alimenté les discours anti-Rohingyas, par les Nations unies. Mais ça, c’était avant. L’entreprise de Mark Zuckerberg est en effet actuellement en train de faire obstruction à une enquête sur le génocide. Pour ce faire, Facebook s’appuie sur la loi américaine.

La Gambie, en juin 2019, a demandé que la Birmanie soit traduite devant la Cour internationale de Justice pour ses actions contre les Rohingyas. Aung San Suu Kyi, l’ancienne icône des droits de l’homme et prix Nobel de la paix, avait alors fait le déplacement pour s’expliquer.

Mais Facebook a longtemps eu un rôle dans la répression. La société avait, très tard, fini par supprimer les comptes de militaires et de nationalistes à l’origine de tueries. Près d’un million de Rohingyas avaient dû fuir et la plupart sont toujours toujours dans des camps du Bangladesh voisin.

En 2018, Facebook a donc été accusé et a reconnu avoir participer à « inciter à la violence hors ligne » au Myanmar. Le réseau, après avoir supprimé le compte du général en chef Min Aung Hlaing et d’autres responsables et organisations militaires, semble faire machine arrière.

Un an après avoir assuré que « nous savons que nous devons faire plus pour nous assurer que nous sommes une force du bien au Myanmar », Facebook se range du côté du mal. Alors que la Gambie recherche des documents et des communications des responsables militaires birmans ainsi que des informations provenant de centaines d’autres pages et comptes que Facebook a supprimés et conservés, le réseau social bloque la situation.

La Gambie a en effet demandé des documents relatifs aux enquêtes internes de Facebook sur la question des Rohingyas pour prouver le génocide. Le pays a déposé un recours devant un tribunal américain contre Twitter également. Ce dernier a semble-t-il coopéré. Pas Facebook.

L’entreprise de Zuckerberg juge la demande « intrusive » et « contraignante » et a donc demandé à la justice américaine de rejeter la demande gambienne. La Gambie avait demandé des informations sur 17 fonctionnaires, deux unités militaires et des dizaines de pages. Mais Facebook estime qu’il n’a pas à divulguer les informations de ses utilisateurs, même dans les cas graves comme une accusation de génocide.

On a connu la multinationale moins soucieuse de ses principes. Au début de l’été, Facebook a en effet dévoilé à un think-tank néo-conservateur et au grand public les données d’une entreprise tunisienne dans une action baptisée « Opération Carthage ».