L’opération « Bordure protectrice » menée par Tsahal depuis le 8 juillet 2014 a coûté la vie à près de 650 Palestiniens et 31 Israéliens et a provoqué le déplacement de 100 000 Palestiniens hors de leur foyer. Retour sur un conflit qui s’enlise, alors que les missions diplomatiques échouent les unes après les autres.

L’opération « Bordure protectrice » menée par Tsahal depuis le 8 juillet 2014 a coûté la vie à près de 650 palestiniens et 31 israéliens et a provoqué le déplacement de 100 000 palestiniens hors de leurs foyers. Retour sur un conflit qui s’enlise, alors que les missions diplomatiques échouent les unes après les autres.

Gaza : une guerre qui ne dit pas son nom

Au lendemain du 14e jour de conflit entre palestiniens de la bande de Gaza et israéliens, le bilan est lourd : près de 650 tués côté palestinien et 31 côté israélien. Malgré ces pertes humaines considérables, l’opération « Bordure protectrice » s’intensifie. Alors qu’il ne s’agissait au départ que du pilonnage par l’aviation de cibles du Hamas, la campagne militaire se transforme en une guerre au sol, avec l’incursion de militaires  dans la bande de Gaza ayant pour objectif la destruction des tunnels et des sites de lancement des roquettes.

Ce bilan qui ne cesse de s’alourdir est déjà trois fois plus important que celui de la dernière opération terrestre à Gaza lors de l’hiver 2008-2009. Pour sauver leur vie, les habitants de la bande de Gaza n’ont pas d’autre choix que de fuir leurs foyers et d’aller se réfugier ailleurs. Ce sont déjà 100 000 palestiniens qui fuient les combats.

Les médiations internationales pour enrayer les violences

Face à cette hécatombe, la communauté internationale tente de s’organiser en multipliant les réunions au sommet. Ainsi, elle s’est d’abord tournée vers l’Egypte qui avait été un acteur important dans la conclusion de la trêve lors de précédents conflits. Toutefois l’Egypte, avec à sa tête le Président Al-Sissi, n’est pas parvenue à imposer une trêve entre le Hamas et Israël. Le Hamas dénonce en effet le blocus de 2006 qui devait être levé, mais qui n’a pas été respecté par Israël. De plus, l’Egypte a fermé ses frontières avec Gaza, empêchant les civils de s’y réfugier.

Par la suite, les espoirs du Hamas se sont tournés vers le Qatar. Selon la chaîne qatarie Al-Jazira, « [le Qatar] peut servir de canal de communication entre le Hamas et la communauté internationale ». D’après le quotidien israélien Yediot Aharonot, « les sources diplomatiques occidentales voient dans le Qatar un acteur stratégique pour atteindre un cessez-le-feu effectif étant donné que le riche Etat du Golfe a accueilli un grand nombre d’islamistes exilés (…), notamment le leader du Hamas Khaled Mechaal ».

Outre le Qatar, l’ONU et les Etats-Unis ont multiplié les réunions pour tenter de mettre un terme au conflit. Ce mercredi 23 juillet, Ban Ki Moon et John Kerry étaient attendues en Israël pour tenter de trouver un terrain d’entente. Toutefois, la cause semble peine perdue tant que le Hamas continuera de tirer des roquettes sur l’Etat hébreu et tant que ce dernier s’entêtera à vouloir détruire tous les tunnels détenus par le Hamas. « Aucune pression internationale ne [nous] empêchera d’user de toute notre puissance » martelait Benjamin Netanyahou le 12 juillet 2014.

Les réactions de soutien au peuple Palestinien

Face à la lenteur diplomatique, de nombreuses réactions de soutien au peuple Palestinien s’organisent. En France, plusieurs manifestations ont eu lieu dans la capitale et ailleurs en province. Interdites, les manifestations du 19 juillet à Barbès et du 20 juillet à Sarcelles ont entrainé des débordements : voitures et mobilier urbain incendiés, heurts avec les policiers entraînant une cinquantaine de blessés du côté des forces de l’ordre et 48 interpellations. Malgré les interdictions, les manifestants soutenant les Palestiniens de la bande de Gaza comptent se rassembler ce mercredi et ce samedi.

De Londres à Johannesburg en passant par Chicago ou Rabat, le nombre de rassemblements pro-palestiniens ne cesse de croître. Ardent défenseur de la cause palestinienne, Tariq Ramadan postait le 21 juillet 2014 un tweet qui illustrait la mobilisation à Chicago.

Comme Tariq Ramadan, personnalités et anonymes militent pour la cause palestinienne via les réseaux sociaux. Twitter et Facebook sont en effet le théâtre quotidien « d’affrontements » entre pro-palestiniens et pro-israéliens. Si comme nous, vous pensez qu’un accord de paix doit-être conclu au plus vite, réagissez et marquez votre soutien sur Twitter grâce à l’hashtag #Gaza.

Source : ici et .

crédit photo : John Englart (Takver) (CC BY SA)

Yassine Bannani

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