Ils sont 130 imams anglais à avoir signé un manifeste pour dire qu’ils refusent de « faire la prière funéraire islamique traditionnelle pour les auteurs » des attentats qui ont touché la capitale britannique il y a quelques jours et Manchester fin mai. Ces imams se sont dits « profondément blessés » par les actes de ces kamikazes qui, ajoutent-ils, sont des « meurtriers qui cherchent à obtenir une légitimité religieuse pour leurs actes. » C’est donc logiquement que les responsables religieux refusent d’organiser des funérailles islamiques. Parce que, écrivent-ils dans leur manifeste, « ces actions indéfendables sont totalement en désaccord avec les beaux enseignements de l’Islam. » Les responsables des attentats, continuent les imams, « cherchent à diviser notre société et à inculquer la peur, nous veillerons à ce qu’ils échouent. Nous implorons à tous de s’unir: nous sommes une communauté. Face à une lâcheté aussi diabolique, contrairement aux terroristes, nous devons défendre l’amour et la compassion. » Pour information, l’un des trois assaillants avait été interdit de mosquée avant son passage à l’acte. Un fidèle de cette mosquée raconte que cet homme prônait le terrorisme à la fin des prêches et que l’imam, après l’avoir surpris en pleine discussion, lui avait dit : « Tu ne peux plus revenir dans cette mosquée. Tu ne peux pas dire ça. Ce n’est pas ça l’enseignement de l’Islam. » Le fidèle assure que l’imam de la mosquée avait d’ailleurs déjà prévenu la police il y a deux après que le futur terroriste s’était opposé à lui alors que le religieux appelait ses fidèles à aller voter.