Le Front national de Marion Le Pen affirme que la France « n'est pas une terre d'Islam. » Un discours haineux et qui bafoue la laïcité.

Dans un discours digne des années 1940, Marion Maréchal-Le Pen a fait comprendre aux musulmans de France qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans le pays. Problème : ils sont bien souvent nés dans l’Hexagone et les dirigeants politiques n’ont pas à intervenir dans la sphère religieuse.

Marion Maréchal-Le Pen marche fièrement sur les traces de son grand-père Jean-Marie. Alors que le Front national a longtemps tenté, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de se refaire une beauté de façade, le naturel est revenu au galop. La tête de liste du FN en Provence-Alpes-Côte d’Azur a sorti, hier, un discours à Toulon qui bafoue les lois de la laïcité et montre que, pour le parti d’extrême droite, les musulmans ne sont pas les bienvenus. A moins de changer de religion.

« Nous ne sommes pas une terre d’Islam », a d’abord précisé la petite-fille Le Pen. Mais Marion Maréchal-Le Pen, dans sa grande bonté, a précisé : « Si des Français peuvent être musulmans, c’est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l’influence grecque, romaine et seize siècles de chrétienté ont façonné. » Rappelons que – comme l’avait expliqué un professeur à Nadine Morano – , pendant plusieurs siècles, « les Français n’ont pas voulu être catholiques. Ils ont été contraints de l’être. »

« Qui n’a pas vibré au sacre de Reims n’est pas vraiment Français »

Qu’importe, Marion Maréchal-Le Pen aimerait certainement retrouver cette époque qu’elle n’a pas connue. « Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment Français ajoute-t-elle. Pour la tête de liste en région PACA, la France se résume donc à 1 263 ans d’histoire. Le dernier sacre à Reims ayant eu lieu en 1825 et la fête de la Fédération en 1790, rappelle la presse, légèrement moqueuse.

Si Marion Maréchal-Le Pen estime que ,« chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral et on n’impose pas des mosquées cathédrales », elle se verrait bien imposer la religion catholique comme obligation pour obtenir la nationalité française. Est-il besoin de lui rappeler que, comme le rappellent les autorités, « la laïcité garantit le droit d’exprimer publiquement ses convictions, quelles qu’elles soient, dans la limite du respect de l’ordre public et de la liberté d’autrui » ? Et que les Français musulmans font partie de la République, dont ils suivent les lois depuis plusieurs décennies.

Pierre Z. Lajarge

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