Alors que plusieurs chefs d'Etats et de gouvernements ont formulé leurs vœux pour le ramadan 2016, François Hollande a décidé de garder le silence...

Tous les chefs d’Etats ou de gouvernements ont souhaité un bon ramadan au musulmans. Tous ? Non. Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.

« Nous sommes des serviteurs de la République. Elle nous appelle à la soutenir et à dire fort que la France est belle quand elle est unie », tweetait, il y a quatre jours, François Hollande. Pour ce qui est de l’union, François Hollande aurait pu envoyer un message fort ce lundi 6 juin en souhaitant un bon ramadan 2016 à ses citoyens de confession musulmane. Sauf que le président de la République est resté muet, tout autant que son Premier ministre Manuel Valls. Mais on n’en attendait pas moins. Pour faire le « job », c’est Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, qui a transmis « à l’ensemble des Français de confession musulmane ses sentiments de sympathie et de considération. »

Merkel, Obama, Cameron et Trudeau formulent leurs vœux

Une nouvelle fois, François Hollande fait cavalier seul. Il est l’un des seuls dirigeants de démocratie à ne pas s’être fendu d’un communiqué… Car au-delà des frontières françaises, ils ont été de nombreux chefs d’Etats et de gouvernements à formuler leurs vœux pour le début du mois sacré. C’est le cas d’Angela Merkel, dont le porte-parole a souhaité « à tous les citoyens musulmans un Ramadan béni et paisible. » La chancelière, l’an dernier, avait participé à un iftar. Même David Cameron, qui n’a pas été irréprochable pendant la campagne municipale de Londres, a tenu à « célébrer la démocratie fière, multiraciale et multiconfessionnelle » qu’est le Royaume-Uni. Le maire de Londres, Sadik Khan, a lui aussi publié un tweet pour souhaiter un bon ramadan aux musulmans.

De l’autre côté de l’Atlantique, alors que la campagne de Donald Trump vire à un exercice d’islamophobie permanente, Barack Obama a rétorqué : « Je me positionne fermement aux côtés des communautés musulmanes américaines dans le rejet des voix qui divisent, limitent nos libertés religieuses ou nos droits civiques. » Le président américain a indiqué que le mois de ramadan était « une opportunité pour se concentrer sur la réflexion, l’éveil spirituel, la miséricorde, la patience, la résilience, la compassion pour les moins fortunés et l’unité des communautés. » Quant à Justin Trudeau le Premier ministre canadien qui avait nommé un gouvernement représentatif des différentes communautés de son pays, il a écrit dans un communiqué : « Les musulmans au Canada et partout dans le monde entameront leur voyage spirituel d’un mois de jeûne, de prière et de réflexion pour commémorer la révélation du Coran au Prophète Mahomet. »

Pierre Z. Lajarge

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