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Société

Me Francis Szpiner : «Cette affaire ne doit pas se jouer dans les médias mais dans les tribunaux»

Rare dans les médias, Me Francis Szpiner, l’avocat de Henda Ayari et Mounia Rabbouj dans l’affaire Tariq Ramadan, répond à nos questions. Il livre son point de vue sur le dossier.

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En mars, Emmanuel Marsigny, avocat de Tariq Ramadan, avait demandé au procureur de la République d’intervenir pour « que l’on arrête de véhiculer de fausses informations dans ce dossier ». Aujourd’hui, Francis Szpiner, avocat de deux des plaignantes, explique au MuslimPost que « cette affaire ne doit pas se jouer dans les médias mais dans les tribunaux ». Les deux ténors du barreau, qui se sont livrés une bataille par médias interposés, sont au moins d’accord sur une chose : l’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît.

LeMuslimPost : Vous avez indiqué vouloir saisir le Procureur de la République suite à un article du MuslimPost relatant une audition de Henda Ayari. Pourquoi ?

Me Francis Szpiner : Je n’ai absolument rien contre LeMuslimPost — je suis un défenseur de la liberté de la presse — mais contre ceux qui, bien que soumis au secret de l’instruction, transmettent des documents à la presse. C’est en ce sens que j’ai indiqué vouloir saisir le procureur de la République.

« Je ne mène nullement campagne contre Tariq Ramadan » 

Depuis quelques semaines, on a l’impression d’une bataille qui se durcit entre Maîtres Szpiner et Marsigny…

Ce n’est pas une bataille d’avocats, mais une bataille judiciaire. Je ne mène nullement campagne contre Tariq Ramadan, je défends les femmes qui ont fait appel à moi. Je ne veux pas participer au cirque médiatique. Je ne suis d’ailleurs intervenu, jusqu’à aujourd’hui, que deux fois dans les médias. La première fois pour répondre au fait que l’on assène que Monsieur Ramadan était maltraité parce que musulman. Or, je ne supporte pas qu’on instrumentalise l’islamophobie, tout autant que l’antisémitisme. Une autre fois pour indiquer à Me Marsigny que déclarer que Monsieur Ramadan n’avait pas été mis en examen pour les faits qui lui sont reprochés dans le dossier de Mounia était un mensonge éhonté. Cette affaire ne doit pas se jouer dans les médias mais dans les cabinets d’avocats et les tribunaux. Concernant l’audition de Tariq Ramadan, il a été stipulé que des investigations étaient en cours. On a dit à Monsieur Ramadan qu’il serait entendu ultérieurement sur les faits dont l’accuse Mounia. Il a été fait un rappel à la loi et lui a été signifié qu’il pouvait faire une déclaration sous le statut de témoin assisté. Mais cela lui a été fait avant qu’il s’exprime et non après. Lorsqu’il sera convoqué, il fournira les explications et il sera alors décidé de le mettre ou non en examen pour viols.

« La justice ne s’acharne pas contre Monsieur Ramadan »

Vous êtes également l’avocat de Henda Ayari. Ce changement de version de Madame Ayari a montré des failles dans son témoignage ?

Quand Tariq Ramadan, lui, se trompe concernant ses horaires de vol le 9 octobre 2009, je ne dis pas qu’il est un menteur ou qu’il est coupable. Avec la vie qu’il menait, je peux le concevoir. Henda Ayari, elle, a toujours indiqué qu’elle n’était pas certaine de la date des faits. Et ce, dès le départ.

Vous avez déclaré sur CNEWS que le fait que Tariq Ramadan se voit refuser tous ses droits, notamment celui d’avoir accès au dossier d’instruction, était « faux »…

Concernant l’accès au dossier, la règle est qu’un détenu a accès au dossier par son conseil. C’est aux juges d’en décider. Mais il y a des témoignages avec pressions, notamment familiales — Emmanuel Marsigny a même refusé de condamner ces pressions — alors, forcément, cela pèse dans l’esprit des juges. La justice ne s’acharne pas. On a par exemple parlé du refus du président de la Cour d’appel à voir comparaître Monsieur Ramadan. En réalité, le président lui avait accordé une visioconférence. Devant le refus de son avocat, la comparution a été reportée. Il n’y a là aucun acharnement mais la défense de Monsieur Ramadan a des conséquences.

« Il s’agit d’une affaire complexe »

Revenons sur les accusations. Parlez-nous de votre point de vue sur cette affaire ?

Il s’agit d’une affaire complexe. Il y a, de mon point de vue, trois cas différents. Un premier accablant, celui concernant « Christelle ». Elle et Monsieur Ramadan se connaissaient, il y a eu un flirt virtuel. Alors pourquoi ne seraient-ils pas passés au réel, alors qu’ils étaient tous les deux à la même date au même endroit ? Concernant Henda Ayari, le changement de date n’a pas d’influence sur les accusations car elle a déclaré dès le départ qu’elle ne se souvenait plus du moment précis. Quant à Mounia, c’est plus compliqué : il s’agit de savoir s’il y a eu une relation sous emprise ou non.

Vous avez parlé du « mode de vie » de Tariq Ramadan en déplaçant le judiciaire sur le terrain de la morale, pourquoi ?

Cet homme a visiblement mené une double vie. Ce n’est pas un élément de preuve, mais de climat. Cela montre que Tariq Ramadan est un homme complexe. Concernant les faits dont il est accusé, il faut laisser faire les juges et faire confiance à la justice.

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