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La France, complice de la répression de la dictature égyptienne

Depuis 2013, la France est le principal fournisseur d’armes à l’Egypte. Pourtant, elle sait que celles-ci sont utilisées pour la répression contre des journalistes et des défenseurs des droits humains, selon Amnesty International.

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Entre 2012 et 2017, la France a vendu pour 4 milliards d’euros d’armes à l’armée égyptienne, selon un tout nouveau rapport signé Amnesty International. Une somme faramineuse, qui a largement augmenté après le renversement de Mohsi par al-Sissi en juillet 2013, pour atteindre 1,4 milliard d’euros en 2017. « La France est donc devenue le principal fournisseur d’armes en tous genres à l’Egypte depuis 2013. Elle surpasse d’ailleurs largement les Etats-Unis, qui font partie avec elle des champions du secteur », affirme Amnesty.

« Stop aux ventes d’armes de la France à l’Egypte ! », crie l’ONG en demandant aux Français d’interpeller leurs élus. Car, explique Amnesty, l’Egypte, grâce aux armes françaises, « réprime ses citoyens dans le sang. » L’organisation a d’ailleurs recueilli le témoignage d’un haut responsable français qui concède que, « si le matériel sécuritaire fourni par la France était initialement destiné à l’armée égyptienne, les autorités égyptiennes avaient détourné certains blindés au profit des forces de sécurité. »

Amnesty rappelle que, en août 2013, « des milliers de journalistes, de défenseurs des droits humains et de manifestants ont été arrêtés arbitrairement » et ont, pour certains, « été torturés ou soumis à d’autres mauvais traitements, et plusieurs centaines ont été condamnées à la réclusion à perpétuité ou à mort à l’issue de procès d’une iniquité flagrante. »

L’ONG demande de la transparence : les armes initialement prévues pour l’armée ont, assure-t-elle, « été livrées aux forces du ministère de l’Intérieur, ou détournées vers elles, ces mêmes forces de police chargées de la féroce répression des manifestions. » Or, la France ne pouvait pas ne pas savoir : elle a poursuivi ses livraisons « après que les Etats membres de l’Union européenne furent convenus, dans les conclusions publiées en août 2013 par le Conseil des affaires étrangères de l’UE et réaffirmées en février 2014, de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de matériel utilisé à des fins de répression interne. »

La France est-elle pour autant dans l’illégalité ? Oui, selon les textes européens. Amnesty rappelle ainsi les « règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, que la France est juridiquement tenue de respecter. » On peut lire dans ces textes que les Etats membres ont l’obligation de refuser « l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne. »

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