Ce texte est « le dernier exemple en date des discriminations et d’une approche tendant à marginaliser les musulmans », a jugé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant les sorties scolaires a été présentée au sénat français par l’opposition de droite, et adoptée mardi au terme d’un débat houleux alors que la France est en pleine réflexion sur la place et l’organisation de l’islam.

« Il aurait été plus bénéfique de prendre des mesures pour combattre l’islamophobie », a ajouté le ministère turc, estimant que le texte adopté au Sénat « viole l’un des droits fondamentaux les plus basiques ».

Le texte a peu de chances d’être voté par l’Assemblée nationale, dominée par la majorité présidentielle.

Pays officiellement laïque, la Turquie du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan se pose comme le défenseur des droits des musulmans dans le monde.

En mars 2017, M. Erdogan avait accusé la justice européenne de lancer « une croisade » contre l’islam après un arrêt autorisant une entreprise à interdire le port du voile au travail.

Ses gouvernements ont progressivement annulé depuis 2003 l’interdiction du port du voile dans les institutions, autorisant les femmes à être voilées dans les universités et au Parlement et, ces dernières années, dans la fonction publique et les lycées, au grand dam des tenants de la République laïque fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.