Le Trophée des Champions se jouera à Tel-Aviv. BDS demande aux joueurs du LOSC et du PSG de manifester leur soutien à la Palestine.

Malgré la tension qui n’a cessé de monter ces dernières semaines, le Trophée des Champions, qui oppose l’étonnant vainqueur de la Ligue 1, Lille, au Paris Saint-Germain, qui a remporté la Coupe de France, aura bien lieu à Tel-Aviv. Une décision qui date du 12 mars, soit avant que les raids israéliens s’abattent sur la Palestine. Mais la décision de la Ligue pose deux questions.

La première est évidemment la sécurité des joueurs, puisque, lors du regain de violences, les autorités aéroportuaires israéliennes avaient dérouté tous les vols en direction de l’aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv, alors qu’Israël avait été placé en état d’urgence.

Mais la Ligue française de football professionnel a tout fait pour que le match soit maintenu à Tel-Aviv, notamment parce qu’elle a avoué ne pas avoir de « solution de repli ». Il faut dire qu’Israël a également dû faire pression sur la LFP pour que le Trophée des Champions se joue sur son sol. Après le Giro et la création d’une équipe cycliste qui participe au Tour de France, l’Etat hébreu fait tout pour attirer les compétitions sportives chez lui. Un « sportwashing » qui permet à Israël de nettoyer son image.

La deuxième question qui se pose est effectivement l’intérêt de délocaliser le trophée français dans un pays comme Israël. Certes, celui-ci se joue souvent dans d’autres pays, comme le Canada, la Tunisie, le Maroc ou encore la Chine.

Pour BDS, si la LFP ne changera pas d’avis, ce sont le PSG et le LOSC qui devraient refuser de participer à la compétition si elle a lieu en Israël. « Nous connaissons tous les lois du sport, le fameux fair-play qui consiste à respecter les règles sur le terrain, mais nous connaissons aussi l’éthique qui entoure la famille football, et ses valeurs humaines, essentiellement : le respect de l’adversaire, l‘antiracisme, et dernièrement la lutte contre l’homophobie ». Le mouvement de boycott d’Israël estime donc que, « alors quand Israël, qui colonise et opprime la Palestine depuis 73 ans, vient d’infliger au peuple palestinien un nouvel épisode dramatique de bombardements au cours duquel 254 Palestiniens ont été assassinés, dont 67 enfants, comment est-il envisageable d’organiser ce trophée des champions à Tel Aviv, comme si le football devait ignorer ces bombardements mortifères ? »

« Nous savons tous qu’Israël utilise le sport, entre autres, pour tenter de blanchir son image de régime d’oppression. C’est un pays qui ne respecte pas le droit international, qui a été condamné plusieurs fois par les Nations unies mais qui, malgré cela, continue et amplifie sa politique de colonisation et d’apartheid envers le peuple palestinien », indique BDS dans une lettre adressée aux deux clubs.

Mais la venue des deux équipes en Israël ne fait aucun doute. Dans ce cas, BDS demande aux joueurs « de manifester (leur) désapprobation de ce régime par tout moyen qui (leur) plaira, par exemple en demandant aux joueurs de porter un brassard noir ou en brandissant un drapeau palestinien à l’issue du match comme l’ont fait plusieurs footballeurs dont Riyad Mahrez le deuxième attaquant de Manchester City lors d’un match le 23 mai dernier ».