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Société

Fontenay-sous-Bois, Colombes, Paris… l’engouement pour les repas végétariens à la cantine

De plus en plus d’écoles en Île-de-France proposent des repas sans viande. Une prise de conscience environnementale pour certaines, une façon de répondre à la demande des menus de substitution pour d’autres.

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Les menus de substitution sont encore une fois au coeur des débats depuis la rentrée. Le 25 septembre dernier, le rapporteur public a conclu à l’annulation de la décision du maire Julien Sanchez de supprimer les repas de substitution à Beaucaire. Le 9 octobre prochain, la Cour administrative d’appel de Lyon rendra également sa décision concernant la suppression des menus sans porc dans les cantines de Chalon-Sur-Saône. 

Beaucoup de bruit de la part de certains maires qui s’offusquent de voir selon eux, « entrer la religion à l’école ». Pendant ce temps, d’autres communes se mettent aux repas végétariens et au bio dans les cantines, soucieuses de mettre fin à la consommation excessive de viande mais aussi de répondre aux exigences de certaines familles, qu’elles soient d’ordre religieuses ou autres. 

« Avec ces menus, nous répondons aux demandes des parents végétariens, aux enfants qui ont un régime particulier pour des raisons médicales et à ceux qui ont des restrictions religieuses »

En Ile-de-France notamment, de nombreuses communes font ce choix, sans rencontrer de difficultés ou d’oppositions de la part des parents, bien au contraire. 

A Fontenay-Sous-Bois (94) par exemple, des menus sans viande et végétariens sont proposés depuis janvier 2017, ainsi que de plus en plus de produits bio. 

« Avec ces menus, nous répondons aux demandes des parents végétariens, aux enfants qui ont un régime particulier pour des raisons médicales et à ceux qui ont des restrictions religieuses. De manière normée, nous pouvons ainsi respecter les prescriptions alimentaires de chacun en garantissant l’inclusion », explique au Parisien le maire de la ville, Jean-Philippe Gautrais.

Une bonne façon pour ce dernier, de « travailler sur le vivre-ensemble » et de « faire revenir les enfants qu’on ne voyait plus ». D’ailleurs, depuis la mise en place de ces menus, la cuisine centrale de la ville, aurait gagné près de 10 % de demi-pensionnaires.

Dans le même département, la ville de Saint-Maur s’est elle aussi mise depuis la rentrée, aux menus végétariens le mardi. Des menus conçus pour apporter suffisamment de protéines aux enfants, que l’on trouve dans d’autres aliments que la viande, notamment dans les lentilles.

Dans les Hauts-de-Seine, plusieurs communes ont également opté pour des menus spécifiques. Chaville propose deux menus végétariens par mois. A Issy-les-Moulineaux, la ville a instauré huit menus végétariens sur vingt. A Colombes, les enfants ont le choix chaque jour entre deux menus, un classique et un sans viande. Courbevoie offre même une alternative vegan toute l’année. 

Dans les collèges et lycées du 2e arrondissement, 10 % à 15 % des élèves ont d’ailleurs choisi le menu végétarien

« Dès 2011, nous avons commencé à servir, deux fois par semaine, ce que nous appelons des menus consensuels : une fois avec du poisson, une fois avec des protéines végétales. Les jours des menus consensuels, nous avons beaucoup plus de monde à la cantine et ça ne coûte pas plus cher », assure au Parisien Marie-Christine Martinoli, adjointe en charge de l’éducation à Villeneuve-la-Garenne. 

A Paris, dans plusieurs arrondissements, les écoles expérimentent aussi ces repas sans viande/végétarien. Dans les cantines du 18e arrondissement, un menu végétarien hebdomadaire avait été mis en place en 2014. Cette rentrée, des formules exclusivement végétariennes pour les élèves, de manière régulière, ont également fait leur apparition. 

« Choisir la formule végétarienne à l’école, c’est sensibiliser les plus jeunes à une alimentation plus durable et respectueuse de notre environnement », assure la mairie du 18e sur son site, se félicitant également de ses produits disposant d’un écolabel (bio, pêche responsable, label rouge…). 

Du côté des enfants, cette alternative semble de manière générale, remporter un  certain succès. « Cela me permet de découvrir de nouvelles saveurs. Il ne faut pas se fier à l’apparence des plats. C’est souvent très bon », témoigne pour Le Parisien un élève d’une école du IIe arrondissement à Paris. 

Dans les collèges et lycées du 2e arrondissement, 10 % à 15 % des élèves ont d’ailleurs choisi le menu végétarien, depuis qu’il a été mis en place au printemps 2017. 

Ces menus végétariens/sans viande, dit de « substitution » ou « consensuels » semblent donc satisfaire le plus grand nombre et tendre vers une cantine la plus inclusive possible, sans engendrer de coûts supplémentaires. 

Une évolution dans les pratiques alimentaires des écoliers qu’encourage notamment Greenpeace et l’Agence de l’Alimentation (ANSES). Cette dernière recommande de diviser par deux, voire quatre, la consommation de viande. 

En France, cette tendance devrait se généraliser à l’ensemble du territoire. En effet, les députés ont récemment voté un amendement au projet de loi alimentation et agriculture. Ils proposent une expérimentation d’un menu végétarien dans les cantines des établissements publics et privés « pour une durée de deux ans » et à raison d’« au moins une fois par semaine. »

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