Unes à unes, les étapes vers l'instauration de la finance halal au Maroc sont en train d'être franchies.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) est appelé à statuer sur la création des premières banques islamiques. Selon le CESE réuni le jeudi 28 août 2014, deux changements seront à apporter.

L’établissement de la finance halal au Maroc avance à petits pas. Plusieurs instances sont concernées : le CESE, la Banque centrale, la Chambre des conseillers et le Conseil national des oulémas. Le président de la Chambre des conseillers a appelé le CESE à donner son avis sur la légitimité des orientations légales du projet de loi.

Dans son verdict rendu le 28 août 2014, le CESE a formulé deux remarques négatives. La première est relative au manque d’information pour les clients : le CESE souhaite éviter un marketing déloyal de la part des banques islamiques. La seconde concerne la nécessité d’éclaircir le rôle du Conseil national des oulémas et celui de la Banque centrale marocaine sensée superviser le secteur.

Au sein même du CESE les avis divergent. Mustapha Benhamze, membre du CESE et président du Conseil régional des oulémas de l’oriental plaide en la faveur de la création des banques islamiques et du contrôle indirect de ces banques par le Conseil supérieur des oulémas. Cependant, Hakima Naji, également membre du CESE, ne l’entend pas de cette oreille. Elle critique l’idée de gestion religieuse de la finance halal au Maroc. Elle argumente que la Banque centrale est pleinement habilitée à une telle tâche.

La finance halal au Maroc : une nécessité

Nizar Baraka, le président du CESE et ancien ministre de l’Economie et des Finances souligne l’importance de la création des banques islamiques. « Des produits alternatifs existent déjà au Maroc. Ils représentent depuis 2010 près d’un milliard de dirhams. Ce montant sera renforcé par la création des banques participatives. »

Le président du CESE poursuit son plaidoyer en faveur des banques islamiques en signalant que ce nouveau type de banques permettra d’augmenter le taux de bancarisation des marocains, faisant passer son taux de 57% à 66%. Selon lui, l’objectif de la création de ces banques est de répondre aux besoins d’une partie de la population.

La création de la finance halal au Maroc est attendue par de nombreux citoyens depuis plusieurs années. Ainsi, certains marocains préfèrent cacher leurs économies chez eux plutôt que de les placer dans une banque classique « haram ». D’autres attendent la création de banques islamiques pour pouvoir acquérir un logement car ils se refusaient à contracter un crédit.

Source : ici

Yassine Bannani

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