L’ancien Premier ministre fustige l’attitude d’une partie de son camp à l’égard des musulmans.

 Certains sortaient leur revolver quand ils entendaient le mot culture. Pour François Fillon, « il y a un certain nombre de gens à droite qui ont une sorte de réflexe pavlovien : dès qu’on parle des musulmans, ils se mettent à éructer ». Voilà, c’est dit. Venant d’un des poids lourds des Républicains, cette déclaration faite sur RTL a la valeur d’un cri du cœur face à la multiplication des polémiques liées aux sujets religieux. Dernier en date : le baccalauréat et l’Aïd-el-Fitr. Certains élus ont hurlé au scandale car des élèves musulmans voyaient leur rattrapage décalé en raison de l’Aïd, qui tombait le 6 juillet. Fillon, ancien ministre de l’Education nationale, avait signé une circulaire en 2004 évitant qu’examens et fêtes religieuses se télescopent. L’ancien élu de la Sarthe s’inspirait du général de Gaulle qui, en 1958, avait pris la décision que les fonctionnaires juifs ou musulmans pourraient s’absenter du travail leurs jours de fête. Dans la droite ligne gaulliste, Fillon aligne sa position sur les directives de son illustre mentor.

Fillon vise Copé, Ciotti, Didier, Peltier

Prétendant à la primaire, celui qui se prépare depuis deux ans à la prochaine échéance présidentielle a mis les points sur les i à l’intention de quelques-uns de ses confrères, qui surfent avec opportunisme sur la vague d’islamophobie qui submerge la France. Les cris d’orfraie de Copé & Co sur l’Aïd et l’oral de rattrapage du bac ont permis au potentiel candidat de la droite pour 2017 de fustiger un débat indigne d’une démocratie. Alain Juppé et François Bayrou le rejoignent sur la même ligne. Se dirigent-ils tous trois vers un front commun contre le populisme ?

Pierre Z. Lajarge

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