Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, a expliqué avec classe que le foulard islamique était synonyme d'esclavagisme et a parlé des « nègres » pro-esclavagisme.

Dans une interview, la ministre des Droits des femmes a comparé le port du foulard à l’esclavage et a maladroitement rappelé que « des nègres étaient pour l’esclavage. »

En théorie, la France lutte actuellement activement contre le racisme. Une série de petites vidéos a été mise en ligne pour être « tous unis contre la haine. » Dans la pratique, le gouvernement n’hésite pas à se lâcher. La preuve avec cette sortie étonnante de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, chez Jean-Jacques Bourdin. Parlant de la mode islamique, la ministre a estimé que les marques — de H&M à Dolce & Gabbana — s’étant lancées sur ce créneau faisaient « la promotion de cet enfermement du corps des femmes. »

Les actes antimusulmans, ça commence par des mots…

Pour Laurence Rossignol, les créateurs de mode sont inconscients : ils se mettent « en retrait de leur responsabilité sociale. » Sauf que, dans un pays laïque, le port du voile n’est pas interdit. Et que la majorité des femmes se voilent parce qu’elles le souhaitent. « Mais bien sûr, il y a des femmes qui choisissent… Il y avait des nègres américains qui étaient pour l’esclavage », ironie la ministre. Pour se défendre, cette dernière, qui assure n’avoir eu « aucune volonté de choquer » se cache derrière Montesquieu. Pour une femme qui prône la modernité, la référence est quelque peu dépassée…

Au-delà du terme « nègre », Laurence Rossignol est surtout partie dans une comparaison hasardeuse. Elle participe à l’islamophobie ambiante : Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad, militaire et première victime de Mohamed Merah en 2012, avait par exemple été sifflée par plusieurs personnes lors d’une intervention à l’Assemblée nationale à cause de son foulard. Une journaliste voilée avait, un peu plus tôt, connu quelques soucis pour participer à la remise du Prix de la Laïcité. « Les actes antimusulmans, ça commence par des mots. Ça finit par des crachats, des coups, du sang », écrivait Manuel Valls sur Twitter il y a dix jours. La gouvernement a décidé, semble-t-il, de tester ce théorème.

Pierre Z. Lajarge

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