Allons-nous revivre, un an après, l’insensée controverse sur le port du burkini ? L’affaire, rapportée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et qui a pour cadre une piscine privée de la région de Marseille, a de grandes chances, en effet, de relancer une machine médiatique quelque peu assoupie par la chaleur estivale de ce début août. Les faits remontent au 21 juillet dernier : une famille de musulmans avait réservé une semaine de vacances dans une résidence privée agrémentée d’une piscine à La Ciotat, à une trentaine de kilomètres à l’est de Marseille. Voilée, la mère de famille s’est baignée avec ses enfants, le premier jour, sans être aucunement importunée. Mais le lendemain, alors qu’elle profitait de la piscine depuis une petite heure, un vigile lui a intimé l’ordre de sortir de l’eau.

Selon les explications avancées par la femme (qui n’a pas tenu à révéler son identité), la décision a été prise par le syndicat de copropriétaires, outrés de constater qu’une femme ait pu se baigner « habillée » et voilée. Non seulement a-t-elle été, par la suite, interdite de baignade en burkini, mais elle a en plus été contrainte de prendre, à sa charge, les coûts de désinfection de la piscine… et une compensation additionnelle pour sa non-utilisation durant les deux jours ! Toujours selon le témoignage de la famille, les propriétaires n’auraient pas procédé, comme stipulé, au renouvellement de l’eau mais a encaissé les 490 euros de caution remis par les vacanciers au début de leur séjour. Offensée, la famille s’est alors tournée vers le CCIF, qui rappelle que dans cette affaire, la mère de famille ne s’est pas baignée « habillée » mais vêtue d’un burkini, donc recouverte d’une matière similaire à celle des maillots de bain classiques. Loin d’être anecdotique – et clos -, cet incident est une nouvelle fois révélateur de l’ampleur et de l’emprise des préjugés et réactions islamophobes.