Avec un bilan plutôt maigre, la Fondation de l’islam de France va élire en juin son nouveau président. L’occasion de se demander si cette fondation est vraiment utile…

Le bilan est assez étonnant. Dotée d’un budget d’un million d’euros rien qu’en 2020, la Fondation pour l’islam de France est restée, ces derniers mois, très discrète. Il faut dire que ses actions ne méritent pas vraiment de faire la une de la presse : depuis septembre 2017, la FIF a en effet attribué quelque 155 bourses pour une « formation civique et civile » des cadres religieux musulmans qui le souhaitent.

Cela fait à peine une cinquantaine de bourses par an. Certes, ce n’est pas la seule action de la FIF, qui propose également des bourses pour les universitaires qui étudient l’islam en France.

Et à part cela ? Eh bien pas grand-chose à déclarer, si ce n’est une série de colloques et d’expositions qu’elle a financée, notamment sur l’histoire de l’islam en Europe dont l’organisation débutera… en 2022.

Pour un million d’euros annuels, cela fait peu. D’autant que la FIF n’a pas les attributions nécessaires pour travailler sur le financement des mosquées ou sur la formation théologique des imams.

Depuis fin 2016 et la création officielle de la fondation, la FIF marche sur les traces de la FOIF, la Fondation des œuvres de l’islam de France, qui avait été un échec cuisant. Elle est surtout une carte de visite pour ses présidents successifs, Jean-Pierre Chevènement puis Ghaleb Bencheikh.

Et l’objectif de la FIF de mieux faire connaître la religion musulmane et son histoire est un échec lorsque l’on voit la façon dont le gouvernement, à l’origine de la création de la fondation, traite les musulmans de France. Ce « pont entre l’islam et la République », promis fin 2016, n’a plus lieu d’être.

Et qu’a fait Ghaleb Bencheikh depuis décembre 2018, alors qu’il prenait la place de Chevènement ? Impossible de le savoir, mais l’islamologue espère bien briguer un nouveau mandat. Face à lui, le médecin Sadek Beloucif convoite lui aussi le poste. L’élection aura lieu en juin, après un report pour cause de coronavirus.

S’il est réélu, Ghaleb Bencheikh proposera certainement de remettre au goût du jour son université populaire itinérante dans les quartiers, qui n’a été présente que sur internet à cause du Covid-19. Il proposera également d’autres soirées de débats à thèmes. Une initiative qui n’a pas vraiment emballé ces dernières années…