En s’accrochant à sa candidature à la présidentielle, François Fillon agit tel un forcené allant vers le crash : « Fillon c’est Andreas Lubitz, il s’enferme dans le cockpit  et fonce dans la montagne, et nous on tape avec nos haches », voilà la blague qui circule chez Les Républicains, selon la journaliste Eugénie Bastié. François Fillon se serait-il radicalisé ? En tout cas, selon Alain Juppé, qui a organisé, ce matin à Bordeaux, une conférence de presse pour affirmer qu’il ne serait définitivement pas candidat à l’Elysée dans les jours à venir, c’est le mot employé pour définir l’entourage du vainqueur de la primaire. « Le noyau des militants et sympathisants Les Républicains s’est radicalisé », a estimé le maire girondin, qui regrette que « François Fillon n’a cessé d’affirmer hier encore sa détermination. »

Cette radicalisation, on peut la voir dans les propos du candidat de la droite. François Fillon, expliquait Jean-Marie Le Guen en novembre dernier, « a coché toutes les cases de la plus grande radicalité de la droite, la droite la plus dure. » Pour le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, « François Fillon, historiquement, était quelqu’un proche de Philippe Séguin et puis petit à petit — peut-être au contact de Nicolas Sarkozy (…) —, il s’est radicalisé, notamment dans le cadre de cette primaire. » C’est sans aucun conteste cette radicalisation qui a plu à ses électeurs, qui attendent de l’intransigeance budgétaire, mais également en termes d’immigration et d’Islam. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs lui-même employé ce terme en avançant des « mesures radicales. »

Fin 2016, François Fillon expliquait qu’il fallait « nommer le problème concret que nous avons avec la radicalisation d’une partie de l’Islam. » Ce matin, Alain Juppé a nommé le problème concret qu’il a avec la radicalisation d’une partie de LR. Et ce problème, selon le maire de Bordeaux, s’appelle François Fillon.