Le voilà banni de toutes les plateformes du groupe Facebook. Dieudonné ne postera plus de vidéos ou de textes sur Facebook ou Instagram. Il a, selon Facebook, « violé de manière répétée nos règles en matière de discours de haine, en publiant des contenus se moquant des victimes de la Shoah ou en employant des termes déshumanisants à l’encontre des Juifs ». Le géant du numérique, accusé de complaisance vis-à-vis de plusieurs groupes haineux — en Birmanie, il a été accusé d’avoir laissé les islamophobes propager leurs discours de haine ou, à Christchurch, d’avoir laissé le terroriste diffuser ses attentats en live —, Facebook n’a fait qu’une bouchée de Dieudonné.

Le mois dernier, la chaîne YouTube de Dieudonné avait déjà été supprimée par Google pour les mêmes raisons. Suivi par près de 1,3 million d’abonnés sur Facebook et Instagram, c’est un coup dur pour l’humoriste-polémiste. La controversée LICRA s’est félicitée de cette décision : « Il était temps que le trouble cesse », le réseau social ayant selon elle contribué « à banaliser l’obsession des juifs ». Pour l’association, « cette décision va dans le bon sens: celui d’un Internet plus sûr où la haine n’a pas sa place ».

Pour Dieudonné, cette censure symbolise au contraire « la chute de la liberté d’expression, la fin de la liberté sur internet ». Dieudonné suit le même chemin que d’autres personnalités, elles aussi bannies par Facebook : à l’extrême droite, Génération Identitaire avait dû aller voir ailleurs. Alain Soral avait lui aussi vu ses pages supprimées.

C’est le grand ménage sur les réseaux sociaux. Mais jusqu’où ? La haine continue à sévir sur Facebook, Instagram ou encore Twitter et les géant du net ont bien du mal à gérer cela. Même si la France a tenté de légiférer sur la haine en ligne, avec l’adoption d’un texte en mai dernier, les contenus haineux continuent d’agiter le web. Le Conseil constitutionnel, à l’époque, avait censuré une partie du texte, jugeant certaines dispositions attentatoires à la liberté d’expression et de communication.