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Société

Affaire Tariq Ramadan : les raisons de son maintien en détention

Selon nos informations, les juges ont refusé la mise en liberté de Tariq Ramadan. Un refus principalement motivé par le report au 18 septembre de la confrontation avec Paule-Emma A. C’est maintenant au juge des libertés et de la détention de statuer.

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L’appel d’Emmanuel Marsigny, avocat de Tariq Ramadan, lancé en début de semaine sur RMC n’a visiblement pas été entendu. « On nous refuse tout ! Est-ce-que c’est normal ? », demandait, ce lundi 23 juillet, l’avocat avant de lancer : « Stop, ça suffit ! il faut que la justice puisse se faire dans des conditions sereines ! » Après plusieurs demandes de mise en liberté, les juges ont une nouvelle fois refusé, ce mercredi 25 juillet, la demande faite par Me Emmanuel Marsigny. Selon des informations obtenues par LeMuslimPost, les juges chargés de l’instruction ont donné un avis défavorable à la demande faite par l’avocat le 19 juillet dernier, après la confrontation entre Tariq Ramadan et Henda Ayari. Ils ont saisi le juge des libertés et de la détention (JLD) qui devrait statuer dans les prochaines heures.

Un refus motivé par le report de la confrontation avec Paule-Emma A.

Tout laissait pourtant penser à une libération de Tariq Ramadan dans les prochains jours. Les tergiversations de Henda Ayari lors de ses différentes auditions, l’absence de Paule-Emma A. lors de sa confrontation pour « raisons médicales » et la non-mise en examen dans le dossier Mounia Rabbouj tout d’abord. Me Emmanuel Marsigny espérait également que l’état de santé de Tariq Ramadan et le montant de la caution proposée — 300 000 euros — allaient jouer en sa faveur. Enfin, l’avocat s’appuyait sur un rapport d’expertise excluant la « dangerosité criminologique » de Tariq Ramadan, argument soulevé en mai dernier pour le maintenir en détention. « Les juges ont, avec ce report, botté en touche en attendant la confrontation avec Paule-Emma A. reportée au 18 septembre », indique une source proche du dossier. En fonction de ce qui se dira lors de cette confrontation, l’avocat de Tariq Ramadan pourrait à nouveau demander la mise en liberté de son client dès le lendemain. D’ici là, les « vacances judiciaires » rendront inutile toute nouvelle demande.

Dans un document que nous avons pu consulter, deux jours avant la décision des juges, le parquet, pour justifier son avis négatif, estime que « la détention provisoire est l’unique moyen d’empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leurs familles. » Les tergiversation de Henda Ayari, continuent-ils, concernant le lieu et la date des faits supposés « ne sont pas suffisantes en l’état pour les considérer (les faits) non établis. » Mais la raison principale du refus semble être le report de la confrontation avec Paule-Emma A. « pour raisons médicales. » Alors que la défense met en doute le certificat fourni par la plaignante, les juges s’intéressent aux raisons de ce report. Le procureur de la République indique quant à lui « qu’une telle confrontation apparaît indispensable à la manifestation de la vérité, quand bien même une première confrontation aurait-elle déjà eu lieu lors de la garde-à-vue de Tariq Ramadan. » Une confrontation avec Mounia Rabbouj sera également « certainement nécessaire », peut-on lire dans les réquisitions du parquet qui met une nouvelle fois en avant les risques de fuite et le « retentissement médiatique indéniable » de cette affaire. Les juges, quant à eux, affirment que « le délai prévisible d’achèvement de la procédure peut être fixé à 14 mois », soit jusqu’au mois d’avril 2019. Ils ont délivré une ordonnance de saisine du juge des libertés et de la détention. Le ministère public tient semble-t-il à emmener Tariq Ramadan jusqu’au tribunal avec un statut de détenu.

Le parquet prêt à dégainer un référé-détention, une mesure très rare

Et si le JLD venait contre toute attente à accepter la demande de mise en liberté de Tariq Ramadan, la fin de la détention provisoire de ce dernier semble s’éloigner dans l’immédiat : toujours selon nos informations, le parquet compte en effet, en cas de décision favorable à Tariq Ramadan prise par le JLD, faire appel — une procédure qui peut prendre jusqu’à quinze jours après l’ordonnance des juges — et mettre en œuvre un référé-détention, une procédure très rare qui, lancée dans les quatre heures suivant la décision des juges, n’aura d’autre but que de maintenir en détention Tariq Ramadan jusqu’au jour de l’appel. Quelle que soit la décision prise par le juge des libertés et de la détention, Tariq Ramadan restera donc certainement en prison les quinze jours suivant cette décision… dans le meilleur des cas.

Le 24 avril dernier, Me Emmanuel Marsigny avait déjà transmis une demande de mise en liberté. Dans un document de vingt pages, il pointait les incohérences des accusations portées par les trois plaignantes contre Tariq Ramadan. Une demande refusée le 7 mai par le Juge des libertés et de la détention, qui suivait alors l’avis du parquet et du juge d’instruction, qui avaient précédemment notifié leur opposition à la mise en liberté de Tariq Ramadan. Le vendredi 20 juillet, c’était la demande de démise en examen de Tariq Ramadan qui était refusée par les juges.

 

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