Un rapport vient d’être publié par la NAACP (une grande organisation noire américaine) et l’ONG Clean Air Task Force, spécialisée dans la réduction de la pollution de l’air. 

Il révèle qu’un Noir américain respire en moyenne un air 38 % plus pollué qu’un Blanc. Il a également 75 % plus de « chances » de résider dans une «fence-line community», c’est-à-dire les quartiers longeant les zones industrielles.

« Ce n’est pas une coïncidence si tant d’Afro-Américains vivent près d’une installation gazière ou pétrolière. Historiquement, les infrastructures polluantes sont souvent situées dans ou près des communautés noires», soulignent les auteurs du rapport, qui dénoncent un « racisme environnemental. »

Un millions d’Africains américains vivent près d’une installation de gaz

L’étude estime que plus d’un million d’Africains américains vivent à moins de 800 mètres d’une installation de gaz naturel. Plus de 6,7 millions d’entre eux vivraient dans l’un des 91 comtés aux Etats-Unis où se trouve une raffinerie de pétrole.

De nombreux émanations toxiques et polluantes dans l’atmosphère, s’échappent quotidiennement de ces usines de gaz, des raffineries de pétrole et autres usines. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé plusieurs de ces gaz comme cancérogènes. Parmi eux on retrouve le sulfure d’hydrogène, le benzène ou le formaldéhyde, liés à des risques d’anomalies congénitales, de dommages cérébraux et de cancers. 

« La ville de Houston a fait une étude et identifié 12 cancérogènes. Les concentrations les plus élevées se trouvent dans les régions où j’ai passé la majeure partie de mon enfance. J’avais souvent des maux de tête, des saignements de nez et des problèmes gastro-intestinaux. Je me suis aperçu que ce sont les mêmes symptômes qui peuvent subvenir suite à une forte exposition à certains de ces cancérogènes », témoigne dans le rapport Bryan Parras, de la ville de Houston. 

Selon le Centre fédéral de contrôle des maladies (CDC), 13,4 % des enfants noirs américains (soit plus de 1,3 million) souffrent d’asthme, contre seulement 7,3 % des enfants blancs. Le taux de mortalité lié à l’asthme chez les mineurs noirs est dix fois supérieur à celui des mineurs blancs, et la pollution de l’air en serait en grande partie responsable.