A croire que l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche a soudainement et abondamment libéré les flots d’actes islamophobes de l’autre côté de l’Atlantique. Selon le dernier rapport trimestriel du CAIR, rendu public ce lundi, au premier semestre 2017, 91 % d’actes islamophobes supplémentaires ont été enregistrés par rapport à la même période de l’année dernière. Sachant que 2016 s’est achevée avec le titre de l’année la plus noire en termes d’incidents anti-musulmans, il est fortement à craindre que le triste record soit battu en 2017… « La campagne présidentielle et l’administration Trump ont à la fois attisé et prospéré de l’intolérance et de la haine, ce qui s’est traduit par le ciblage délibéré des Américains musulmans et d’autres minorités religieuses », explique Zainab Arain, une coordinatrice du CAIR. Sur le dernier trimestre étudié — d’avril à juin 2017 —, le rapport établit que la forme d’islamophobie la plus répandue a été le harcèlement, impliquant certes des incidents non-violents et non-menaçants physiquement, mais particulièrement minants et angoissants pour les victimes. Derrière le harcèlement, les crimes de haine basés sur la violence corporelle et/ou les dégâts matériels prennent la seconde position de ce classement.

2017, annus horribilis ?

En termes de répartition des abus par sexe, sur les 347 cas répertoriés par l’ONG américaine, 57 % ont visé les hommes musulmans. La plupart des victimes ont été le plus souvent visées chez elles, davantage encore que sur la voie publique ou les routes. Les arrêts de bus, aéroports et gares terminent ce podium des lieux les plus propices aux actes islamophobes : « 20 % des incidents recensés sont survenus car la victime a été perçue comme musulmane », même si ce n’était pas le cas, peut-on lire dans le rapport. « Et le port du hijab a été un déclencheur pour 15 % des incidents », précise Arain. Le CAIR attire l’attention sur une réalité de l’islamophobie de plus en plus grandissante aux Etats-Unis. Les statistiques présentées dans son rapport étant certainement sous-estimées, la méthodologie reposant sur les témoignages recueillis et les dépôts de plainte aux autorités.