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Etat d’urgence : « Ce n’est pas comme cela que fonctionne une démocratie »

En marge des discussions sur un nouveau projet de loi, des manifestants ont, dimanche, tenu à dire « non à l’état d’urgence permanent. »

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Il voulait y mettre un terme « dès que cela sera possible », ajoutant que « sa prolongation sans fin, chacun le sait, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes. » Un peu plus de trois mois après son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron s’est finalement bien accommodé de l’état d’urgence. Et qu’importe s’il trouvait à l’époque que « nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un régime d’exception » et que « nous avons tout l’appareil législatif permettant de répondre, dans la durée, à la situation qui est la nôtre. » Voilà désormais deux ans que l’état d’urgence a été mis en place en France et il semble aujourd’hui être inamovible. Alors qu’il a été prolongé jusqu’au 1er novembre, l’état d’urgence sera discuté à l’Assemblée nationale tout au long du mois de septembre. Plusieurs centaines de manifestants se sont donné rendez-vous ce dimanche après-midi pour dire « non à l’état d’urgence permanent. » Preuve que, malgré l’usure, la société civile reste mobilisée.

« Nos libertés sont en train d’être bafouées » 

Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, demande la « levée immédiate » de cet état d’urgence, alors que le prochain texte qui pourrait être voté « va intégrer l’état d’urgence dans la loi de manière permanente. » A Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui déclarait récemment ne pas « avoir peur des moyens de vérification et de lutte contre le terrorisme parce que je me sens pas terroriste », la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature explique qu’« il n’y a pas besoin de se sentir terroriste pour, en tant que citoyen, considérer que nos libertés sont en train d’être bafouées. » Dans l’espace public ou dans la rue, ajouter Laurence Blisson, « la police pourra aujourd’hui réclamer de faire ouvrir son sac, d’ouvrir son coffre de voiture » sans qu’elle ne dispose d’aucun élément faisant état d’un quelconque lien avec une opération terroriste. « Ce n’est pas comme ça que cela fonctionne dans une démocratie », indique la magistrate, qui dénonce également les assignations à résidence et les perquisitions.

« Une confusion extrêmement dangereuse »

Ce « flou du soupçon », que dénonce Laurence Blisson et qui, ajoute-t-elle, touche principalement les citoyens de confession musulmane, a laissé des traces depuis deux ans : depuis la mise en place de l’état d’urgence, plus de 5 000 perquisitions ont été effectuées, dont plus de 160 pour la dernière phase — depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Au-delà de l’inefficacité du dispositif — à peine 0,4 % des perquisitions ont donné lieu à l’ouverture par le parquet d’une enquête pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste —, ce système apporte, explique Laurence Blisson, « une confusion extrêmement dangereuse » : l’état d’urgence, explique-t-elle, « va semer la division dans notre société », là où la société « voit déjà dans le musulman un danger, qui voit dans le musulman un terroriste. » Or, conclut la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, le texte qui va être discuté à l’Assemblée nationale « appuie cette suspicion permanente. »

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