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Politique

Entre l’Etat et le CFCM, des relations cordiales mais de plus en plus fragiles

Ce mardi soir, lors de l’iftar organisé par le Conseil français du culte musulman, le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’il comptait sur le CFCM mais a rappelé qu’il dirigerait lui-même la réforme du financement du culte musulman.

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L’iftar du Conseil français du culte musulman s’annonçait éminemment politique. Mais sans Emmanuel Macron, qui avait décliné l’invitation d’Ahmet Ogras, le président du CFCM. Nouveau coup dur dimanche soir, lorsque le Premier ministre annulait sa participation à l’iftar prévu deux jours plus tard. A l’entrée du Pavillon Dauphine, où se déroulait l’événement, un conseiller du Premier ministre assurait qu’Edouard Philippe avait eu un imprévu et qu’il passerait sûrement prendre le thé, comme convenu.

Ce mardi, à cause de la prise d’otages dans le 10e arrondissement de Paris, les responsables du CFCM ont longtemps craint que le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb leur fasse lui aussi faux-bond. Mais finalement, Ahmet Ogras a pu compter sur la présence du ministre de l’Intérieur et sur un passage plus long que prévu du Premier ministre, qui s’est même fendu d’un discours improvisé à minuit passé. Des mots amicaux conclus par un conseil, voire un ultimatum : « Au travail ! », a lancé Edouard Philippe aux invités encore présents au terme d’une prise de parole qui ne se voulait pas forcément très politique, le Premier ministre ayant préféré laisser Gérard Collomb faire le boulot.

Lancement d’une consultation des musulmans

Entre Gérard Collomb et Ahmet Ogras, en revanche, on a bien assisté à une passe d’armes. Sur la forme, l’entente a semblé cordiale. Mais sur le fond, on a senti une véritable rupture entre le CFCM et l’Etat, qui prépare sa réforme du culte musulman sans le Conseil français du culte musulman. Une rupture en interne également, au sein de l’organisation : le président de l’institution a invité les plus anciens à laisser la place à la nouvelle génération. Preuve de la rivalité qui existe entre le président d’origine turque et les membres d’origine maghrébine du CFCM. Ahmet Ogras a enfin annoncé le lancement d’une grande consultation, « transparente et libre », des musulmans. Il a aussi rappelé le lien qui existe entre le CFCM et les autorités françaises : « L’Etat, dans son rôle de facilitateur, va nous permettre de prendre les décisions adéquates pour l’avenir du culte musulman en France », a-t-il affirmé.

De son côté, Gérard Collomb a confirmé que le président annoncerait des « initiatives fortes », sans toutefois préciser de date précise. Il a tenu à encourager ces « engagés musulmans », comme les appelle Emmanuel Macron, à mener le combat contre l’islamisme. « L’État souhaite que dans chaque département puisse se tenir une grande concertation avec tous ceux qui sont, dans leur ville, dans leur quartier, les visages de l’Islam en France », a-t-il poursuivi. Se présentant en « ami » des musulmans, le ministre de l’Intérieur a demandé au CFCM d’investir « le terrain théologique », assurant que ses membres étaient les seuls à pouvoir le faire. Avant d’insister sur sa volonté de voir émerger un « Islam pleinement républicain », prôné par des imams « formés sur notre sol. » Déplorant que la « charte de l’imam » n’ait jamais vu le jour, Gérard Collomb a ensuite évoqué plusieurs pistes, comme la taxe halal ou sur le pèlerinage. L’Etat, a-t-il conclu, « ne peut se désintéresser » du financement du culte musulman mais affirme officiellement toujours compter sur le CFCM. Pour combien de temps encore ?

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