La grande mosquée de Nice, en projet depuis treize ans et dont l'ouverture est bloquée par Christian Estrosi, pourra finalement accueillir les fidèles d'ici peu.

Après une bataille juridique longue de plusieurs années, l’institut En-Nour de Nice devrait finalement ouvrir ses portes d’ici à cinq jours.

En avril, le maire de Nice Christian Estrosi disait ne pas vouloir de la grande mosquée de Nice, à cause d’un financement saoudien. Il campait sur ses vieilles positions, puisqu’en 2012 déjà, il affirmait : « Tant que je serai maire de Nice, cet équipement n’ouvrira pas. » La construction du centre En-Nour, qui comprend une mosquée, une bibliothèque et un restaurant, avait beau avoir été achevée, Estrosi refusait son ouverture et prônait pour qu’elle soit remplacée par une crèche pour enfants. Le maire de Nice voulait alors saisir Tracfin, le service gouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent.

Treize ans de bataille juridique

Mais ce lundi 6 juin, le tribunal administratif de Nice a tranché : l’institut En-Nour ouvrira bien ses portes au public d’ici à cinq jours. La fin de ce que le Comité contre l’islamophobie en France définit comme un « sketch qui commençait à lasser la vie de la municipalité de Nice. » Le CCIF, dans un communiqué, dénonce « la capacité d’un maire à verser dans la schizophrénie et dans l’amnésie selon les mandats qui se présentaient à lui. » En effet, Christian Estrosi avait donné son accord pour la construction de cette mosquée en 2009 et avait fait machine arrière quatre ans plus tard. « Peu importe que des hommes politiques soient prêt à sacrifier la constitution et la laïcité pour leur propre intérêt personnel. Ils trouveront sur leurs chemins, des personnes déterminés à faire valoir le droit », écrit le CCIF.

Selon l’organisation de lutte contre l’islamophobie, « le droit français ne demande qu’à être appliqué et il revient à chaque citoyen de s’en saisir et surtout de ne pas laisser brader le socle de notre système juridique pour l’avancement d’un projet idéologique et/ou personnel. » Le CCIF dénonce « l’ambition personnelle » de Christian Estrosi qui, selon lui, a pris « en otage le principe de liberté de culte et des milliers de musulmans azuréens. » L’institut En-Nour doit donc ouvrir dans cinq jours. Si Christian Estrosi s’oppose, au-delà de ce délai, à cette décision, il lui en coûtera une amende de 500 euros par jour.

Yassine Bannani

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