Des défenseurs des droits humains et activistes ont été visés par l’Etat hébreu, grâce au logiciel espion Pegasus, vendu par l’entreprise israélienne NSO Group.  

De nouvelles violations des droits humains de personnalités palestiniennes par l’Etat d’Israël ont été documentées. Des écoutes téléphoniques ont été menées sur des militants des droits de l’Homme palestiniens, employés par des Organisations non gouvernementales (ONG) palestiniennes. Les traces retrouvées sur les téléphones hackés de six personnes, par des chercheurs en sécurité informatique, ont montré l’usage du logiciel espion Pegasus. 

A l’origine de cette découverte, la Fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains. L’organisation basée en Irlande a mené une enquête, après avoir été contactée par Al-Haq, une association palestinienne. Cette dernière s’inquiétait d’une éventuelle infection par un logiciel espion, de l’appareil téléphonique d’un membre du personnel. L’enquête technique a non seulement confirmé les craintes de l’organisation palestinienne mais a permis de remonter à la source de l’infection. L’appareil a été piraté en juillet 2020, et le logiciel Pegasus y a été installé. 

L’investigation a été élargie à six organisations de la société civile palestinienne, faisant la lumière sur une infestation de cinq autres appareils, piratés par le m​​ême logiciel. Parmi les employés pris pour cible, il y a Salah Hamouri, l’avocat franco-palestinien, travaillant pour l’organisation de défense des prisonniers Addameer. 

Les six organisations palestiniennes ciblées ont été classées, le 19 octobre 2021, par le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, sur la liste des organisations terroristes. Al-Haq, Addameer, le centre de recherche et de développement Bisan, Défense internationale des enfants-Palestine, l’Union des comités du travail agricole et l’Union des comités des femmes palestiniennes figurent sur cette liste. 

En réalité, ces associations œuvrent pour l’amélioration des conditions de vie des populations palestiniennes, et les accompagnent. Le motif criminel, tel qu’annoncé par l’Etat hébreu n’est qu’une façade. Il s’agit là d’une ostracisation des organisations palestiniennes, pour empêcher toute aide financière internationale. 

Des réactions internationales ? 

« Les agences des Nations-Unies et la Fédération des agences internationales de développement se tiennent aux côtés des organisations de la société civile dans les territoires palestiniens occupés » peut-on lire sur le communiqué conjoint, publié mardi 9 novembre. 

A travers ce communiqué, les agences onusiennes et la Fédération des agences internationales ont témoigné de leurs inquiétudes face à l’aggravation de la situation. Une telle décision est une violation des droits du peuple palestinien, dans la mesure, o​​ù elle restreint davantage l’acc​ès et la fourniture des services essentiels à de nombreux Palestiniens.

Au fil des années, Israël a réussi à interdire l’existence de dizaines d’institutions de défense des droits humains et humanitaires opérant dans les territoires palestiniens. L’Histoire semble se répéter, mais cette fois, Israël est le bourreau d’un peuple qui ne demande qu’à exister.