Alors que la candidature de la Turquie pour adhérer à l'UE a été un des enjeux du Brexit, Erdogan a demandé à l'Europe de régler son problème d'islamophobie.

Lors d’un dîner de rupture du jeûne, le président turc Erdogan a prévenu les Européens qu’ils iraient vers d’autres Brexit s’ils ne réglaient pas le problème de l’islamophobie.

« Si les dirigeants européens ne font pas rapidement quelque chose pour réduire la peur croissante de l’Islam et de la Turquie parmi la population, d’autres pays quitteront l’Union européenne. » Pour Recep Erdogan, le président turc, le choix des Anglais de quitter l’UE serait la conséquence de l’islamophobie qui touche toutes les population du Vieux-Continent. Le dirigeant turc « voit cette décision prise par le peuple britannique comme le début d’une nouvelle ère pour le Royaume-Uni et l’Union européenne », a-t-il indiqué lors d’un iftar.

« Il faudra attendre l’an 3000 » pour l’adhésion de la Turquie à l’UE

Les liens entre la Turquie et l’Union européenne ont effectivement été un des arguments avancés par les pro-Brexit lors de la campagne du referendum. David Cameron, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’Europe, avait expliqué que, « au rythme où avancent les choses, il faudra attendre l’an 3000 » pour que la Turquie puisse adhérer à l’Union européenne. Une façon de contrer les eurosceptiques en assurant que la Turquie n’entrerait pas de sitôt dans l’UE. Or, pour Erdogan, « le problème aujourd’hui n’est pas la Turquie, mais l’UE elle-même. »

Le président turc ne digère pas le scepticisme à l’égard de la Turquie alors que son pays a passé, avec les autorités européennes, un accord pour endiguer l’afflux de réfugiés. « La Turquie prendra naturellement sa place au sein de l’Union si l’Union européenne se remet avec sincérité en question et fait ce qu’il faut rapidement », a assuré Erdogan, affirmant que, « ci cela ne se produit pas », l’UE « fera inévitablement face à de nouvelles séparations sous peu. »

Yassine Bannani

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