Les entreprises belges sont injuriées lorsqu'elles obtienne la certification halal. Certaines résistent. D'autres abandonnent.

Après Meurens, une autre société belge, Bister, dénonce les injures reçues suite à la certification halal de ses produits. Mais à la différence de la siroperie, Bister a faire marche arrière…

Il y a peu, l’entreprise belge Meurens obtenait sa certification halal. La siroperie est une institution outre-quiévrain. Les réactions négatives ont rapidement fusé… Mais, déjà à l’époque, le directeur commercial Bernard Meurens se défendait d’une quelconque « idéologie religieuse. » Il prévenaire que, « de nos jours, tout se mondialise, alors il faut pouvoir répondre aux attentes de différents marchés. » Un mois après, les injures continuent d’affluer chez Meurens, accusé de « financer Daesh. » Mais le directeur reste sur sa position : « Je trouve ces commentaires lamentables et ridicules. Heureusement que c’est passager. »

80 % de la demande halal non satisfaite

Chez Meurens, on explique qu’on réalise 3 % du chiffre d’affaires sur les marchés comme la Malaisie, qui nécessitent une certification halal. Une somme de 200 000 euros par an appelé à grandir : « C’est encore une proportion assez faible, mais on espère que la croissance suivra. Le marché est en pleine expansion », indique Bernard Meurens. La presse belge, elle, rappelle qu’avec « un potentiel d’un milliard et demi de consommateurs répartis sur plus de 100 pays, le monde musulman représente de manière générale une sacrée opportunité pour les entreprises désireuses de diversifier leurs exportations. Surtout quand on sait que 80 % de la demande mondiale de halal n’est pas satisfaite. »

Pourtant, certaines entreprises belges ont fait marche arrière. Malgré l’opportunité économique de l’obtention du label halal, plusieurs sociétés n’ont pas résisté aux injures. C’est le cas de Bister, le plus grand producteur de sauces de Belgique. En 2011, l’entreprise obtenait sa certification halala. « Nous avions souhaité nous ouvrir aux marchés musulmans car certains de nos concurrents dans le monde des sauces avaient franchi le pas et ça marchait bien pour eux », explique Fabienne Bister, la directrice qui ajoute : « Nous souhaitions aussi permettre aux musulmans de Belgique de consommer notre moutarde. » A la suite de nombreuses « attaques insupportables », Bister n’a pas demandé à renouveler sa certification. Surtout, la directrice affirme : « En Belgique, nous n’avons jamais osé obtenir le label halal au vu des réactions. » Des réactions qui empêchent de nombreuses entreprises belges de s’exporter. Dommage.

Pénétrer les marchés prometteurs du monde musulman grâce au certificat halal (ici)

Yassine Bannani

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