En Suède, des hôpitaux et cliniques acceptent que leurs patients choisissent leur médecin en fonction de sa couleur de peau, ce qui est pourtant interdit par la loi.

C’est une campagne de testing dont les résultats ont étonné : en Suède, des journalistes se sont faits passer pour des patients à la recherche d’un nouveau médecin traitant. En tout, les journalistes ont appelé 120 établissements de santé.

La majorité d’entre eux ont accepté que les faux patients puissent, s’ils le désirent, obtenir des consultations avec des médecins suédois « de souche ». Pourtant, une loi contre les discriminations existe bien en Suède, et il est interdit de choisir un médecin en fonction de sa couleur de peau ou de sa religion.

Mais sur les 120 établissements traités, plus de 50 ont accepté d’accéder aux demandes racistes de leurs patients. Depuis 2010, la discrimination est omniprésente.

Depuis la réforme du système de santé suédois, il est possible pour les populations de choisir leur médecin. Ce qui devait permettre de faciliter les prises de rendez-vous s’est rapidement transformé en outil de discrimination, les patients se mettant, depuis, à refuser d’être accueillis par des médecins d’origine étrangère.

Rendez-vous annulés avec des médecins étrangers, refus de se faire examiner… Les patients n’hésitent pas à trouver des techniques pour faire des choix discriminants. Mais on était loin d’imaginer que près d’un hôpital sur deux accepterait de participer à ce racisme ambiant.

En 2010, au moment de la réforme du système de santé, un millier de médecins et d’étudiants s’étaient opposés à cette loi, ils exhortaient les autorités « à agir contre le racisme ». Preuve que la réforme allait indéniablement provoquer ce type d’actes. Plusieurs enquêtes ont montré la montée des discriminations dans le secteur de la santé.

Si l’opération de testing a prouvé que les cliniques et les hôpitaux acceptaient la discrimination de la part des patients, le gouvernement s’est dit choqué. La ministre de l’Egalité, Märta Stenevi, a ainsi parlé d’une « pratique inacceptable ». Du côté des médecins, on déplore une course aux bénéfices et aux patients.

L’Ombudsman de l’Egalité (DO), l’agence publique de lutte contre les discriminations, estime que la Suède est face à une « développement inquiétant ». Il faut dire que l’extrême droite a prospéré ces dernières années : le part Démocrates de Suède séduirait un électeur sur cinq.

Dans de nombreux autres domaines, les discriminations sont de plus en plus nombreuses. Selon la presse suédoise, l’an dernier, l’organisme DO a reçu plus de 3 500 plaintes pour discrimination.