C’est un terrain qui, depuis des décennies, provoque des affrontements religieux importants. A Ayodhya, la construction d’un temple en l’honneur du dieu Ram est prévue par le gouvernement depuis plusieurs années, mais cette terre d’un peu plus d’un hectare, située dans l’Etat d’Uttar Pradesh, est également un lieu d’opposition entre hindous et musulmans.

Alors que les hindous rêvent de voir s’ériger un temple sur ce qui est le lieu de naissance du dieu Ram, les choses n’ont jamais été simples : les hindous assurent que l’empereur musulman Babur avait rasé un temple ancien dédié à Ram, septième avatar du dieu préservateur de l’univers Vishnou, au XVIe siècle pour y bâtir la mosquée Babri.

En 1992, la mosquée Babri avait été détruite par des zélotes hindous. De quoi, dans les années 1980, provoquer de fortes tensions entre musulmans et nationalistes hindous. Ces derniers, dans l’opposition à l’époque, sont aujourd’hui au pouvoir en Inde. Dans les années 1990, des violences intercommunautaires avaient fait plus de 2 000 morts.

Alors, ce déplacement du Premier ministre indien est vécu comme une provocation pour des musulmans de plus en plus malmenés. D’autant que celui-ci a choisi le jour du premier anniversaire de la révocation de force de l’autonomie du Cachemire indien, région à majorité musulmane, pour poser la premier pierre.

De quoi faire penser aux musulmans qu’ils seront de plus en plus isolés : de l’Inde laïque et multiconfessionnelle, le pays est en train de devenir un Etat hindou dans lequel les musulmans sont désormais à la marge.

Surtout, Modi réactive l’explosif dossier du temple d’Ayodhya, après une décision de la Cour suprême autorisant la construction du temps hindou. Mais en choisissant de l’ériger sur les ruines de la mosquée détruite, le Premier ministre montre sa volonté de poser sa patte sur l’Inde.