Les employés de Facebook en Inde questionnent leur direction sur leur politique concernant les discours de haine anti-musulmans du Premier ministre Narendra Modi. Selon l’agence de presse Reuters, ce sont aussi bien le réseau social que sa messagerie WhatsApp qui sont critiqués. Pour rappel, des appels au lynchage de musulmans ont été diffusés sur la messagerie depuis plusieurs années et ont provoqué de graves incidents en Inde.

Vendredi dernier, un article du Wall Street Journal indiquait que Facebook avait, de plus, refusé de fermer le compte d’un législateur du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti au pouvoir à New Delhi. Celui-ci avait notamment indiqué que les musulmans devaient être abattus et les mosquées rasées.

Alors que les employés de Facebook ont estimé que le dirigeant enfreignait les règles du réseau social, une responsable de l’entreprise, basée en Inde, s’est opposée à la suppression des messages du membres du BJP. Plusieurs groupes et utilisateurs, jugés comme étant proches de la mouvance nationaliste hindoue, ont également été signalés en interne pour « incitation à la haine ou participation à des actes violents ».

Mais le cadre de Facebook n’a pas voulu les supprimer du réseau social, allant jusqu’à déclarer que s’opposer au parti du Premier ministre Narendra Modi pouvait poser des problèmes politiques à Facebook en Inde.

Un député de l’opposition affirme, de son côté, que « le BJP et le RSS (Rashtriya Swayamsevak Sangh, ndlr) contrôlent Facebook et WhatsApp en Inde. Ils les utilisent pour répandre des infox et la haine et les instrumentalisent pour influencer les électeurs ».

Si Facebook assure qu’il « interdit le discours haineux et le contenu qui incite à la violence », et ce « quels que soient le positionnement politique ou l’affiliation à un parti d’une personne », tout porte à croire que le réseau social contribue à la montée de l’islamophobie en Inde.