La question migratoire et l’islam ont toujours représenté des sujets de prédilection pour les futurs candidats. Pourtant, cette année, les approches se sont radicalisées.

Il reste moins de deux mois au premier tour de l’élection présidentielle. Comme à l’accoutumée, l’identitarisme connaît un regain, tant au niveau de la société, qu’à l’échelle des politiques. La France entretient un rapport à la fois particulier et conflictuel avec l’islam et la migration.

Dans l’Hexagone, les candidats, aux diverses appartenances politiques s’accordent sur « les problèmes » musulman et migrant. L’islamophobie et la xénophobie sont omniprésentes et institutionnalisées. L’Exécutif use de tous les moyens à sa disposition, pour exclure de la société française les communautés musulmane et migrante, et entretient les stéréotypes à leur encontre.

 

La thématique de l’islam

« La question de l’islam en France est épineuse, ‘hystérisante’, inflammable, obsédante, problématique » analyse l’islamologue et président de la Fondation de l’islam de France Ghaleb Bencheikh. Intimement liée à la question de la laïcité, elle semble cela dit exacerber toutes les tensions. « Il y a une tenaille identitaire dans notre pays, d’un côté, il y a les islamistes qui ont épuisé la donne religieuse dans la question identitaire, et de l’autre côté, le simple vocable ‘islam’ est déjà une atteinte à l’identité nationale » précise le spécialiste.

Pointés du doigt, et soumis à la pression de la société et des radicaux, les musulmans se trouvent tiraillés entre leur confession et leur appartenance à la patrie des droits de l’Homme. Et c’est là qu’intervient la République. Cette dernière entend modeler l’islam à son image, pour faire primer ses valeurs, sur la religion. Pourtant, le cadre juridique et réglementaire, sur lequel cette même république fonde sa légitimité décrit clairement la liberté de culte de chacun.

 

Avec des préjugés et des archétypes récurrents, l’Exécutif veut s’imposer sur les droits et libertés garantis par la Constitution et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La polémique suscitée par l’amendement interdisant le port du voile dans les compétitions sportives témoigne de la fichette des politiques sur l’islam. L’islamophobie a été banalisée au cours du quinquennat d’Emmanuel Macron, poussant le pays dans une dérive autoritaire sans précédent.

 

La question migratoire

 

L’islam occupe une place de choix dans les débats publics et se trouve indissociable de l’immigration. Trop de liens sont faits fait entre les deux sujets, constituent tous les deux, des thèmes de campagne majeurs pour plusieurs candidats.

 

Aujourd’hui, la thématique migratoire est considérée comme une source de crispations. Le sujet n’est pas nouveau, mais connaît une radicalisation. Pour François Héran, professeur au Collège de France « Au lieu d’analyser les échecs des politiques précédentes, on préfère se dire : puisque la plupart des migrants arrivent en France car ils en ont le droit (mariage / regroupement familial / asile / études) il faut prendre ces droits pour cible ».

Cette idée bien que très présente chez un certain nombre d’acteurs politiques, à droite comme à l’extrême-droite, flirte davantage avec les politiciens centristes. La théorie totalement infondée du « grand remplacement » fait de plus en plus d’adeptes, alimentant la xénophobie et toutes les formes de racisme.