Un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme montre que l’islamophobie a augmenté, alors que les actes racistes ont été en baisse en 2020.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a publié, ce jeudi 8 juillet, son rapport annuel sur la lutte contre le racisme. Et la bonne nouvelle, c’est la baisse significative des actes racistes : compilant les chiffres du service central du renseignement territorial, un organe rattaché à la police nationale et au ministère de l’Intérieur, la CNCDH indique que les actes racistes ont diminué en France, en 2020, de 26 % par rapport à l’année précédente. On serait en effet passé de près de 2 000 cas d’actes racistes à moins de 1 500. S’il s’agit d’une avancée significative, il ne faut pas oublier que l’année dernière a été marquée par un long confinement, qui pourrait en partie expliquer cette baisse.

Mais le rapport de la CNCDH est loin d’être positif, notamment pour la communauté musulmane. Car, alors que les actes antisémites, et plus globalement basés sur la haine de la religion, ont baissé, les actes islamophobes sont les seuls en progression. Tags antimusulmans sur les murs de mosquées, lieux de culte incendiés ou agressions… En tout, 234 actes islamophobes ont été perpétrés. Un chiffre généralement sous-estimé par les associations de défense de musulmans, puisque venant du ministère de l’Intérieur et de la police qui hésitent généralement à parler d’islamophobie.

Pourtant, à en croire la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, les préjugés, eux, ont diminué. La CNCDH a réalisé un sondage en ligne qui montre que les Français semblent plus tolérant vis-à-vis de l’étranger. Mais pas forcément de l’islam et des musulmans. Six personnes interrogées sur dix pensent en effet que « l’islam est une menace contre l’identité de la France ». Le résultat de discours islamophobes martelés du matin au soir sur les télévisions d’information continue. Pendant ce temps, 45 % des sondés associent les juifs à l’argent, quand un tiers des interrogés estiment que « les enfants d’immigrés nés en France ne sont pas vraiment français ». Des chiffres en baisse, mais toujours trop hauts.

La CNCDH remarque donc « un lent et continu recul des préjugés en France ». Et si « la norme antiraciste s’est imposée dans toutes les démocraties occidentales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, après l’Holocauste. C’est ce qui explique cette progression de la tolérance déclarée à l’égard des minorités ».

Pour ce qui est des musulmans, le constat est plus amer. 16 % de l’ensemble des faits racistes relevés par le ministère de l’Intérieur sont jugés islamophobes, alors qu’on n’en comptabilisait que 8 % en 2019. Le CNCDH déplore « un contexte favorisant » cette « stigmatisation des musulmans ». Parmi les facteurs stigmatisants, le long débat sur la loi Sépératismes.

Enfin, la CNCDH met en exergue un autre point important, dont la presse s’empare trop peu : le racisme anti-Asiatiques. Pour ce point-là, pas de chiffres précis. Mais la Commission affirme « l’existence d’une composante anti-asiatique particulière au début de la propagation de la Covid-19 en France ». Un amalgame dû à l’origine du coronavirus, en Chine.