Le gouvernement autrichien a annoncé la mise en place d’une « carte nationale de l’islam » qui liste les associations musulmanes et leurs liens avec l’étranger.

Voilà désormais cinq jours que le gouvernement autrichien a présenté une « carte nationale de l’islam ». Cette initiative de la ministre de l’Intégration, Susanne Raab, qui fait partie de la formation conservatrice du pays, n’est pas du goût des musulmans, qui se sentent désormais de plus en plus stigmatisés.

Cette « carte nationale de l’islam » doit permettre au grand public de trouver les noms de plus de 600 mosquées et associations, ainsi que leurs adresses, l’identité des responsables ainsi que d’éventuels liens avec des puissances étrangères.

L’objectif, avoué, du gouvernement autrichien est de trouver les « arrière-cours » des « idéologies » qui remettent en cause « les valeurs de la démocratie libérale ». Autrement dit, un TripAdvisor de l’islam, sur lequel ce sont les autorités gouvernementales qui donnent les bons et les mauvais points.

Face aux critiques, la ministre a assuré qu’il ne pèse aucun « soupçon généralisé sur les musulmans ». Et d’assurer que le travail a été fait sérieusement par l’Université de Vienne et le Centre de documentation sur l’islam politique, un organisme créé l’année dernière par… le gouvernement.

Pourtant, le message est clair : il s’agit d’exposer, aux yeux du grand public, les mosquées jugées trop radicales car financées par l’étranger. De quoi faire craindre l’insécurité pour les fidèles.

Vendredi dernier, le ministre turc des Affaires étrangères a estimé cette initiative « inadmissible », affirmant que cette carte « listant toutes les associations musulmanes en Autriche » n’avait pas lieu d’être. La Turquie a demandé à ce que l’Autriche renonce à « ficher les musulmans » et a demandé au pays d’adopter « une politique responsable ».