Le port du voile islamique à l’école ne peut pas être interdit, sauf en cas de « danger » pour la vie de l’école, indique le journaliste Pascal Thibaut, qui dévoile la décision de la Cour fédérale allemande du travail. En cas de refus qu’une salariée porte un voile, il s’agira « d’une atteinte exagérée des droits fondamentaux des personnes concernées ».

La Cour fédérale du travail, basée à Erfurt, a en effet estimé jeudi dernier que l’interdiction complète du port de voile islamique pour les enseignantes, énoncée dans la loi sur la neutralité applicable dans le Land de Berlin, violait la constitution du pays.

Alors que le tribunal de l’Etat avait obligé le Land a revoir son texte, la Cour fédérale a rejeté l’appel intenté par les autorités locales. En novembre 2018, le tribunal avait demandé que le Land reverse plus de 5 000 euros à une enseignante musulmane qui avait été interdite de porter son voile. La femme avait également été suspendue de son travail.

Mais l’article de la loi de neutralité du 27 janvier 2005 modifiant l’article 29 de la Constitution du Land de Berlin est, selon la Cour, « une discrimination à l’égard des femmes en raison de leur religion ». Le deuxième paragraphe de ce texte doit donc être amendé. Ce texte, qui interdit aux enseignantes des écoles publiques de Berlin de porter le foulard et de porter des symboles religieux a été jugé illégal.

« Les réglementations appliquées jusqu’à présent violent la liberté religieuse des enseignants », résume la Cour fédérale du travail.