La mobilisation peut payer. La preuve : alors qu’une ONG australienne dressait, en mars dernier, la liste de plus de 80 entreprises faisant appel à des sous-traitants faisant travailler des Ouïghours enfermés dans des camps de travail chinois, en France, c’est le député européen Raphaël Glucksmann qui a sonné la charge. L’élu n’hésite pas à interpeller les marques sur son compte Twitter pour tenter d’obtenir d’elles des engagements clairs à l’encontre de la Chine.

Et cela fonctionne. Le 19 juin, Raphaël Glusckmann annonçait qu’Adidas avait décidé « de ne jamais recourir dans sa chaîne de production aux travailleurs forcés ouïghours et à couper toute relation avec des fournisseurs le faisant ». Même chose pour Lacoste. Un travail de fourmi pour le député européen, car les marques sont frileuses à l’idée d’arrêter de sous-traiter en Chine. Parmi les entreprises le faisant, on trouve Apple, Sony, Calvin Klein ou encore Zara.

Et puis Nike. Le 30 juin, plus de 20 000 personnes interpellait la marque à la virgule sur Instagram. « Contrairement à Adidas et Lacoste, toujours pas d’engagement à cesser l’exploitation des déportés ouïghours. Seule votre mobilisation les y obligera », écrivait alors le député européen.

Face au silence des multinationales, Glucksmann demande désormais à la France et à l’Union européenne de prendre des mesures fortes.


Le député, dans une vidéo, interpelle en effet Emmanuel Macron sur la situation des Ouïghours. Début 2018, le président français avait affirmé ne pas vouloir donner de « leçons » à la Chine. Il jugeait alors « totalement inefficace » ces mêmes leçons. Aux Etats-Unis, Donald Trump, lui, a pris des mesures contre la Chine. S’il affirme que c’est pour lutter contre le travail forcé de Ouïghours, on sait cependant qu’il s’agit d’une bataille économique entre les USA et la Chine.

Mais voilà, en attendant, ces mesures peuvent permettre de faire en sorte que cet acharnement contre les Ouïghours s’arrête. Au moins 2 millions de musulmans ouïghours seraient actuellement enfermés dans des « camps de travail ». Et Glucksmann dénonce le « silence » assourdissant de l’Union européenne. Quand prendra-t-on enfin la mesure de ces déportations ?