Les tensions dans le Golfe sont particulièrement vives depuis mai 2018 et le retrait des Etats-Unis, alliés de l’Arabie saoudite et des Emirats, de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran.

« Ce moment exige un effort diplomatique renouvelé, solide et réaliste pour parvenir à un accord plus durable », a déclaré le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, lors d’une conférence à Abou Dhabi.

Dénonçant « la nature agressive de la politique régionale de l’Iran », il a toutefois estimé que « l’escalade actuelle ne sert personne » et qu’il y avait « une place pour le succès de la diplomatie collective ».

« Et, cette fois-ci, les pays du Golfe devraient être à la table des négociations », a-t-il ajouté, estimant « essentiel que la communauté internationale soit sur la même longueur d’onde ».

M. Gargash s’est exprimé au lendemain de l’annonce par l’Iran d’un enrichissement de l’uranium à hauteur de 5%, la République islamique réduisant encore ses engagements internationaux concernant son programme nucléaire depuis le retrait américain.

En vertu d’un accord international conclu en 2015 à Vienne, Téhéran s’est engagé à réduire drastiquement ses activités nucléaires en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Le 8 mai 2018, les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement puis ont rétabli des sanctions économiques drastiques contre l’Iran, en exigeant un nouvel accord plus ferme envers Téhéran.

Durant la conférence à Abou Dhabi, M. Gargash a par ailleurs estimé que les rebelles Houthis au Yémen, soutenus par Téhéran, devraient jouer « un rôle » dans l’avenir de leur pays, ravagé par le conflit.

Les Emirats interviennent militairement depuis 2015 au Yémen contre les Houthis, au sein d’une coalition emmenée par l’Arabie saoudite.