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Comment les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite financent al-Qaïda au Yémen

Une enquête montre comment la coalition saoudienne au Yémen recrute des alliés dans les organisations terroristes œuvrant sur place à coup de dollars.

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Recruter des terroristes pour venir à bout de l’ennemi ? C’est ce qu’aurait fait la coalition saoudienne au Yémen, selon une grosse enquête réalisée par Associated Press (AP). L’agence de presse affirme en effet que les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite auraient proposé à des membres de Daesh ou d’al-Qaïda de l’argent pour rejoindre leurs rangs et s’opposer avec eux aux Houthis. Si certains terroristes ont refusé, les négociations ont souvent été réalisées avec succès. Selon AP, les Etats-Unis étaient au courant de ces alliances et ont ralenti les frappes sur les cibles terroristes pour préserver leurs nouveaux alliés de circonstance. « Des éléments de l’armée américaine sont clairement conscients qu’une grande partie de ce que font les Etats-Unis au Yémen aide al-Qaïda dans la péninsule arabique et cela suscite beaucoup d’anxiété », estime Michael Horton, membre de la Jamestown Foundation qui ajoute que les USA préfèrent bloquer l’expansion iranienne que celle d’al-Qaïda ou de stabiliser le Yémen.

Des millions de dollars pour financer les terroristes

Les exemples relevés par AP ne manquent pas. Comme à Taiz, l’ex-capitale culturelle du Yémen. La ville est assiégée par les Houthis depuis 2015. Les habitants de Taiz se sont levés pour se défendre, et l’argent et les armes de la coalition ont afflué, de même que les militants d’al-Qaïda et de l’Etat islamique, tous visant le même ennemi, indique Associated Press qui a interrogé une vingtaine de responsables militaires, de milices ou d’organisations terroristes. AP assure que « les milices soutenues par la coalition recrutent activement des militants d’al-Qaïda, ou ceux qui en étaient récemment membres, parce qu’ils sont considérés comme des combattants exceptionnels. »

L’agence de presse cite le cas d’un commandant yéménite qui avait été placé par les Américains sur la liste des organisations terroristes pour ses liens avec al-Qaïda, et qui reçoit aujourd’hui de l’argent des Emirats arabes unis pour diriger sa milice. Ou celui d’un autre commandant qui vient de recevoir 12 millions de dollars pour payer ses combattants. « Plus ils nous aident, plus ils sont récompensés, indique un officier de la coalition. Les dirigeants d’al-Qaïda ont des véhicules blindés qui leur ont été donnés par la coalition alors que les commandants de la sécurité n’ont pas de tels véhicules. »

Des combattants terroristes épargnés par la coalition

Conséquence : « Il est maintenant presque impossible de savoir qui est d’al-Qaïda et qui ne l’est pas depuis que ces transactions et alliances ont été conclues », explique Michael Horton. Le ministre des Affaires étrangères émirati, Anwar Gargash, assure que la méthode de la coalition fonctionne : al-Qaïda est « à son plus bas niveau depuis 2012 », assure-t-il, sans savoir pour autant si l’argent offert par la coalition ne servira pas un jour à relancer les actions terroristes hors Yémen. AP raconte comment les membres d’al-Qaïda quittent les villes reprises aux Houthis sans être inquiétés. Un médiateur, formé par Oussama Ben Laden et aujourd’hui proche des militaires américains, assure qu’il fait le lien entre la coalition et les terroristes. Il prévient ainsi les alliés lors d’un départ d’al-Qaïda d’une ville : « Lorsque le dernier (terroriste) est parti, nous avons appelé la coalition pour la prévenir », dit-il, alors que l’agence de presse raconte que les terroristes ont même parfois le temps d’organiser un dîner d’adieu avant de plier bagage. Si la coalition réussit à se débarrasser des Houthis, nul doute que le Yémen pourrait à l’avenir devenir la base arrière d’al-Qaïda, et ce grâce aux Emiratis, aux Saoudiens et à la complicité des Etats-Unis.

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