Les Italiens étaient appelés dimanche à élire pour cinq ans les 630 membres de la chambre des députés et les 315 membres du Sénat.

La percée des partis euro-sceptiques était attendue. Et les résultats le confirment même s’ils ne sont pas encore définitifs. Ils montrent une victoire nette de ces partis devant la coalition de centre-gauche. 

Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui se qualifie de « non-parti » (ni de droite, ni de gauche) et se revendique « antisystème », devient le premier parti de l’Italie avec un score dépassant les 31 %. Le parti obtiendrait ainsi entre 195 et 235 sièges.

La coalition de droite formée par Forza Italia, de Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord, de Matteo Salvini (extrême droite) et le petit parti Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), obtient, elle, 37 % des voix. 

Pour le parti xénophobe de la Ligue du Nord, c’est même un record historique  puisqu’il obtient près de 18% des voix. 

La Ligue du Nord a fait plusieurs fois parler d’elle juste avant les élections, notamment le 3 février dernier lors de la fusillade raciste menée par Lucas Traini l’un de leurs sympathisants, mais aussi en manifestant quelques jours plus tard contre des réductions aux visiteurs arabophones du musée d’égyptologie de Turin. Leur leader, Matteo Salvini avait également déclaré il y’a un an que l’islam était « incompatible avec notre société ». 

Marine Le Pen a déjà adressé ses « chaleureuses félicitations » à Matteo Salvini sur Twitter hier soir, estimant que sa « progression spectaculaire » était « une nouvelle étape du réveil des peuples ».

Les élections de ce 4 mars confirment donc les craintes de la montée du populisme en Europe « et que l’Italie ne s’attendait sans doute pas à voir se produire avec une telle ampleur: la victoire d’un ensemble populiste et souverainiste qui va du Mouvement 5 étoiles à la Ligue », analyse le quotidien italien la Stampa. 

Ce vote anti-système « ne peut plus être considéré comme un exutoire ou un mouvement de protestation, parce qu’il vise clairement le gouvernement », est-il également ajouté.

Mais si le Mouvement 5 étoiles est en tête, il ne peut cependant pas gouverner seul. Il lui faudra sceller une alliance pour atteindre une majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat, estimée aux alentours de 40 % des voix. Cependant, le mouvement a déjà annoncé qu’il ne souhaitait pas de coalition avec des partis traditionnels.

L’Italie se dirige donc vers une situation de blocage politique. Elle sera peut être contrainte à l’organisation d’une nouvelle élection dans les prochains mois.