Aïcha al-Chater, 39 ans, a été arrêtée en novembre 2018 lors d’un coup de filet des autorités contre des défenseurs des droits humains.

Elle a été depuis maintenue en détention préventive, en l’attente d’un procès portant sur de nombreuses accusations, dont celle d’appartenir à un « groupe terroriste ».

Son père, Khaïrat al-Chater, l’un des chefs de la confrérie des Frères musulmans –bannie en Egypte– a été arrêté en 2013, à la suite de la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi.

« Comme si une arrestation arbitraire n’était pas suffisante, Aïcha al-Chater doit aussi endurer des conditions d’emprisonnement inhumaines et sa famille vit dans l’angoisse de ne rien savoir ou presque sur sa santé », a dénoncé Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen-Orient à Human Rights Watch (HRW).

Selon HRW, Mme Chater souffre d’anémie aplasique et d’insuffisance de la moelle osseuse, pouvant causer « un risque pour sa vie et exigeant une aide médicale professionnelle ».

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’était pas joignable jeudi dans l’immédiat.

En novembre, Amnesty International avait indiqué que la détenue avait été soumise à « un violent passage à tabac » et à des « chocs électriques ». Le procureur général avait alors dit mener une enquête portant sur les plaintes de Mme Chater.

Les défenseurs des droits humains accusent régulièrement les autorités égyptiennes de violations en la matière, en évoquant notamment des actes de torture ou de négligence médicale en prison.

Les Frères musulmans ont été classés par Le Caire comme une « organisation terroriste » dès 2013, après le coup d’état militaire contre le président élu M. Morsi, issu de cette confrérie.