Disclose, le média d’investigation, a révélé le détournement de l’aide militaire française par l’Egypte. Initialement destinée ​à lutter contre le terrorisme, elle serait utilisée pour bombarder des civils, suspectés d’etre trafiquants, sous le silence complice de la France.

La fuite de documents classés secret-défense sur une mission française de renseignement « Sirli », débutée en février 2016 a provoqué un tollé. Disclose a eu accès à des centaines de documents secrets issus du plus haut niveau de l’Etat. Les notes de l’Elysée, de la direction du renseignement militaire, du ministère des armées ont mis la lumière sur de nombreuses dérives.

A l’origine, cette opération au profit de l’Egypte, était destinée ​à la lutte contre le terrorisme, ​à la frontiere entre l’Egypte et le voisin libyen. Mais en réalité, Le Caire a détourné les informations collectées par les renseignements français pour effectuer des frappes aériennes sur des véhicules de trafiquants présumés. Les bombardements ont visé des civils égyptiens et aucun chef d’Etat français n’a mis fin ​​à l’opération.

La direction du renseignement militaire français et l’armée de l’air, ont alerté leurs hiérarchies, à de nombreuses reprises, sur les dérives liées à l’opération. « Théoriquement, les données recueillies devraient faire l’objet de recoupement afin d’évaluer la réalité de la menace et l’identité des suspects. Mais, très vite, les membres de l’équipe comprennent que les renseignements fournis aux Egyptiens sont utilisés pour tuer des civils soupçonnés de contrebande. Une dérive dont ils vont alerter leur hiérarchie à intervalles réguliers » affirme Disclose.

Malgré cela, ni François Hollande, ni Emmanuel Macron, n’ont mis fin aux exactions commises. La France a laissé faire, en dépit des réserves exprimées. Elle s’est rendue complice des violations du droit international et des droits de l’Homme. A ce jour, aucune information n’a été donnée par le gouvernement français. Le ministère français des armées a seulement signalé l’ouverture d’une enquête sur les informations diffusées par Disclose.

La participation française aux exécutions arbitraires en Egypte place le pays au cœur d’un nouveau scandale. La culpabilité de l’Hexagone ainsi que son hypocrisie sont établies. Amnesty international France a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire après les révélations de Disclose. Depuis les attentats commis sur le territoire français en 2015, le pays a fait de la lutte contre le terrorisme une obsession. Et avec ses partenaires stratégiques, tous les moyens sont bons, pour mettre un terme aux agissements des groupuscules terroristes, quitte à bafouer les valeurs et les principes que la France s’est engagée à défendre, en ratifiant les conventions et traités internationaux.