Malgré un potentiel flagrant, l'économie halal au Pakistan n'est pas exploitée au mieux. Principale cause : un organisme de certification inexistant.

La croissance économique du Pakistan pourrait être doublée si le gouvernement exploitait correctement le marché halal mondial en pleine croissance.

Economie halal au Pakistan : un potentiel inexploité

L’environnement économique international est lucratif et le Pakistan est repéré nulle part dans ce marché en plein essor. D’après le ministère du commerce pakistanais, la part de marché du pays ne représente que 0,3% du marché halal mondial. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a formulé aucun cadre légal qui viendrait canaliser la grande diversité de produits carnés ou laitiers, gélatines, boissons, cosmétiques, pharmaceutique et produits de soin corporels. L’économie halal pakistanaise manque également de standards internationaux, de systèmes de certification, de procédures standards de fonctionnement, de ressources humaines qualifiées, de renforcement des capacités, de coordination entre les ministères ou les départements, de stratégies de marketing digital.

Pourtant les capacités d’alimenter l’ economie halal au Pakistan existent et stimuleraient son économie en difficulté. Ainsi près de 40 millions de pakistanais sont engagés dans l’élevage de bétail. Son cheptel est classé au 4e rang mondial, tandis que l’élevage de volaille augmente chaque année de 10 à 15%.

« Le Pakistan a le potentiel pour exploiter une importante part de marché. Il suffirait pour cela que le pays développe son propre hub halal au sein du marché international, » a déclaré Abdul Basit, un membre du Comité des Exportations pakistanais.

D’après les statistiques, 1,7 milliard de musulmans, soit 24% de la population mondiale, font de ce segment de marché très attractif. La population musulmane croit de 2.9% chaque année et devrait représenter 30% de la population mondiale d’ici 2025. Avec cette croissance, la demande en nourriture halal et en produits compatibles avec la Charia devrait continuer de croitre. Le plus surprenant est que plus de 80% de l’économie halal est dominée par des acteurs issus de pays non-musulmans. Ainsi, Inde, Thaïlande, Chine, Brésil, Australie, Etats-Unis et Europe utilisent la marque halal à leur profit et sont devenus avec le temps les plus gros exportateurs de produits halal.

La certification halal au secours du marché pakistanais

Parmi les pays musulmans, la Malaisie est l’acteur principal du marché halal. « Le Pakistan a une très petite part dans l’industrie halal mondiale et son exportation halal est restreinte uniquement au Moyen-Orient, » a fait remarquer Dr Tanvir, un exportateur de nourriture halal.

Au niveau international, les produits pakistanais ne sont pas considérés comme halal, malgré le fait que l’abattage, la transformation et autres process sont halal. Une récente étude conduite par Halal Development Project Pakistan a démontré que la population en Chine et en Afrique a refusé d’acheter des produits pakistanais car ils n’étaient pas porteurs du logo halal.

Le secrétaire général de l’association des exportateurs, Hassan Raza, a déclaré que le Pakistan devrait développer une entité similaire à celle existante en Malaise. Celle-ci serait autorisée à délivrer une certification halal ou un logo qui serait accepté partout dans le monde. « Le halal couvre à présent un large spectre de produits disponibles dans les supermarchés, les hôtels 5 étoiles, les restaurants, les chaines agroalimentaires, les plats servis dans les avions, les cantines scolaires et même dans les prisons. C’est devenu un choix de vie incluant les produits d’hygiène et les cosmétiques ».

De nombreux efforts ont été menés par les autorités pour combler le retard pris par le pays dans l’économie halal, notamment dans la certification. Ainsi, un département pour la nourriture halal a été créé : « Nous avons développé un Département pour la nourriture halal afin de vendre nos produits. Dès que le Pakistan Halal Authority existera, le pays sera dans une meilleure position pour conquérir le marché. »

Pour conclure, l’ancien conseiller aux affaires économiques du premier ministre, Dr Salman Shah, a dit : « le Pakistan a besoin de se faire connaitre comme un acteur engagé dans la certification halal. »

Source : ici

Pierre Z. Lajarge

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