En juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leur liens avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir des mouvements islamistes –ce qu’il nie– et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional du royaume saoudien.

Ils avaient alors imposé 13 conditions pour une reprise des relations avec Doha, dont la suspension de la chaîne qatarie Al-Jazeera, la réduction des liens avec l’Iran ou encore la fermeture d’une base militaire turque dans l’émirat.

Le Qatar a fermement rejeté ces demandes.

Les quatre pays imposent depuis un embargo sur l’émirat gazier avec la fermeture de leurs espaces aériens aux avions du Qatar, la fermeture des routes terrestres et la suspension du commerce.

Mais des signes d’apaisement de la crise sont perceptibles ces dernières semaines, selon des observateurs et responsables politiques.

« Il y a des progrès. (…) Nous avons (…) commencé à communiquer avec les Saoudiens », a déclaré à CNN le ministre des Affaires étrangères qatari, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, dans une interview diffusée dimanche.

« Honnêtement (…), nous voulons comprendre les griefs. Nous voulons les étudier (…) et voir les solutions qui peuvent nous protéger à l’avenir de toute crise potentielle », a-t-il ajouté.

Le ministre avait déjà fait état la semaine dernière de « progrès ».

Les Emirats arabes unis ont de leur côté minimisé ces progrès.

Revenant sur de récentes déclarations du chef de la diplomatie qatari sur un règlement de la crise entre Doha et Ryad, excluant ses trois alliés, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a évoqué sur Twitter de nouvelles tentatives du Qatar de « diviser les rangs et d’échapper à ses engagements ».

Selon plusieurs diplomates et analystes consultés par l’AFP, si l’Arabie Saoudite serait prête à un rapprochement avec Doha, Abou Dhabi se montre plus réticent.

Dimanche, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani a démenti l’existence de relations directes entre Doha et les Frères musulmans, une organisation qualifiée de « terroriste » par Ryad.

Il a par ailleurs indiqué que son pays ne voulait pas réduire ses relations avec la Turquie, qui a, dit-il, été aux côtés de Doha durant cette crise.

« Nous demeurerons redevables envers tout pays qui nous a aidés pendant la crise, (…) on ne lui tournera jamais le dos ».

L’émir du Qatar n’a pas participé la semaine dernière à Ryad au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui avait été vu comme une opportunité pour une réconciliation entre les deux voisins, mais son Premier ministre y a reçu un accueil chaleureux.