Une commerçante albigeoise qui refusait de servir des femmes voilées a été relaxée par la justice, trois ans après une première condamnation.

L’affaire date de 2018. Une buraliste avait discriminé des femmes voilées à qui elle refusait de délivrer des colis, à Albi. La gérante du relais avait même affiché une pancarte indiquant que, « pour des raisons de sécurité, le port d’un casque ou d’une capuche, ainsi que toute tenue pouvant dissimuler l’identité ou une arme est interdit dans notre établissement ». Sans raison juridique valable, la buraliste avait plusieurs fois refusé de servir des femmes portant le hijab.

La société Pickup, chargée de la livraison des colis, avait bien tenté de la raisonner, mais sans succès. « Il ne s’agit en rien d’une exigence de notre part : nous demandons aux relais de vérifier la cohérence entre le nom du destinataire, la pièce d’identité présentée et la personne qui se présente pour retirer un colis… Bien évidemment, un voile ou un turban ne fait pas obstacle à ce contrôle », expliquait la société avant d’affirmé avoir « déjà demandé à ce relais de ne pas exiger des clients venant retirer un colis Pickup qu’ils ôtent leur voile ou turban, un nouveau rappel va être fait dans ce sens ».

En mai dernier, la gérant du bureau de tabac avait été attaquée pour « refus de biens ou services au profit d’une personne physique ou morale en raison d’une appartenance supposée ou non à une religion déterminée. » Lors du procès, le procureur de la République avait requis trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende.

En tout, la buraliste a refusé de servir au moins quatre fois des femmes voilées entre 2015 et 2018. Peut-être plus si on prend en compte des femmes qui n’auraient pas porté plainte. Elle avait finalement été condamnée en 2018 à 1 000 euros d’amende et à 10 000 euros de dommages et intérêts.

La buraliste albigeoise s’en sortira finalement sans peine. Elle vient en effet d’être relaxée par la Cour d’Appel de Toulouse, ce mercredi 30 juin. Le Parquet a pourtant requis, comme il y a trois ans, une peine de trois mois de prison assortis de 3 000 euros d’amende. La Cour d’Appel de Toulouse en a décidé autrement.